samedi 31 août 2013

Adieu mois d’août 2013, qui jamais plus ne reviendra. Qui est passé comme passent les vagues de la mer en été. Comme les fluides notes éthérées du « Dark star » de Grateful dead. (Live/Dead, Grateful dead, 1969).




GRATEFUL DEAD EN 1970

A la fin des années 60, si riches en couleurs et sons exotiques, sort le premier album live du groupe californien Grateful dead. Ce qui pour d’autres n’aurait été qu’une formalité s’avérait être pour ce groupe à part un véritable casse-tête. Car comment retranscrire sur disque l’ambiance particulière qui régnait lors de ces prestations dantesques, où l’improvisation restait la seule norme acceptée par l’ensemble des musiciens lors de ces concerts mythiques parfois donnés gratuitement dans les rues ou parcs du San-Francisco hippie de l’époque ? Comment faire tenir plusieurs heures d’expériences musicales psychédéliques en public sur deux ou quatre faces contenant 26 minutes maximum de musique (plus, ce n’était techniquement pas possible - je précise pour les jeunes générations qui n’ont pas connu les 33 tours -) ? La réponse est contenue dans la question. Impossible de tout retranscrire, la solution d’un triple album (qui fut retenue quelques années plus tard pour le live Europe ’72) n’était pas financièrement envisageable en ce début de carrière d’un groupe qui n’en était alors qu’à son quatrième album en deux ans d’existence. De fait, ce Live/Dead est assez inégal. 

JERRY GARCIA, GUITARISTE ET LEADER DU GROUPE
Afin de présenter au mieux l’éventail créatif du groupe il fut clairement décidé d'en proposer des morceaux hétéroclites, sensés représenter l’essence du combo. Avec le désir de ne pas trop s’appesantir sur l’aspect improvisation - pourtant exceptionnelle - du leader charismatique Jerry Garcia (soit donc les 23 minutes de Dark star, remplissant la face A) et chercher à mettre en valeur l’inspiration « rock West coast et country » (St Stephen, The eleven, et Turn on your love light, soit la totalité de la face B et C), et l’inspiration blues (Death don’t have no mercy, soit la première partie de la face D), une dernière partie de cette même face laissant le mot de la fin à la dimension expérimentale de Grateful dead, avec le bruitiste Feedback tout en distorsions. 

A vouloir trop bien faire parfois on se plante. Le disque souffre donc bien du déséquilibre entre ce qu’amène l’intégralité de la face A (le pur et inédit moment de bonheur musical que représente l’inespéré Dark star) et ce que résume la quasi-totalité des trois autres faces, à savoir l’étrange capacité du groupe à pouvoir dans le même temps (ou presque) expédier l’auditeur dans un monde sonore divin puis laborieusement le faire redescendre à 50 centimètres du plancher des vaches (bouses incluses).

Heureusement donc, il y a ce Dark star, qui contribua au succès du disque, et à la renommée mondiale du combo (Live/Dead finira classé parmi les 500 meilleurs albums de tous les temps par le magazine Rolling stone). Cette improvisation éthérée où règnent les notes électriques idéales du guitariste inspiré Jerry Garcia n’en finit pas de hanter l’imaginaire de tout amateur de rock qui put un jour fantasmer sur ce que devait être cette parenthèse enchantée au cœur d’une époque maintenant révolue.


GRATEFUL DEAD - DARK STAR


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