lundi 31 janvier 2011

Dominique Durand (du groupe Ivy) et les Françoise Hardy et Sandie Shaw du début des années 60 : même combat !




Le groupe pop underground Ivy, constitué de la chanteuse Dominique Durand (née à Paris mais exilée aux USA) et des deux flamboyants songwriters new-yorkais Andy Chase et Adam Schlesinger, nous propose avec ce Long distance fabuleux sorti à l'automne 2001 un disque d'une élégance et d'une magnificence rares.

16 ans de carrière, 6 albums (celui-là étant leur quatrième), 60 chansons, voilà des chiffres qui indiquent que ces esthètes ont pris leur temps pour composer et ont privilégié la qualité à la quantité. Leurs textes sont généralement en anglais, à part une reprise de Serge Gainsbourg (L'anamour dans le disque Guestroom), mais l'accent français de Dominique Durand reste un atout pour le groupe particulièrement auprès des auditeurs américains, surtout ceux qui fantasment sur le Paris de l'après-guerre symbolisé par la Juliette Greco du Café de flore. Bien qu'ayant des fans dans le monde entier, ils ne sont bizarrement pas les chouchous de la presse française, ce qui après tout est plutôt un indice supplémentaire de qualité... Tous les morceaux de Long distance sont passionnants, mais le magnifique et troublant Edge of the ocean reste le moment fort du disque, tout en demeurant sans nul doute l'une des dix plus belles chansons de l'histoire de la musique. Rien que pour elle, la possession de ce CD est indispensable… Personnellement, Edge of the ocean m'apporte la douceur, la fraîcheur vivifiante et l’insondable beauté que j'ai toujours recherchées dans la musique pop, dans une exigeante quête du Graal parfois décourageante ou frustrante : à savoir la chanson parfaite. Je vous laisse découvrir ce petit bijou dans le document ci-dessous (la qualité technique de la vidéo n'est pas optimum, ce n'est pas de la haute définition ni pour l'image ni pour le son, mais c'est mieux que rien et la chanson demeure magique) : 

IVY - EDGE OF THE OCEAN (2001)

C’est notamment par ce petit chef-d’œuvre au charme empli de douce mélancolie que je fais souvent le parallèle entre Dominique Durand et deux chanteuses pop mondialement célèbres qui illuminèrent ma vie d’enfant (puis de jeune adolescent) lorsque ébahi j’écoutais religieusement leurs 45 tours sur l’électrophone portable de mes parents à la fin des années 60. 



La voix et le charisme de la diaphane Dominique Durand m’apparaît en effet comme étant le résultat d'un chamaniste mélange entre ceux de Sandie Shaw (la chanteuse anglaise aux pieds nus) et ceux de la Françoise Hardy rêveuse du début des années 60. Preuves ci-dessous en sons et images via Tous les garçons et les filles (1962) pour Hardy, et Had a dream last night (vidéo d'époque en 1967) pour ShawJ'ai rêvé de lui » pour la version française).




FRANÇOISE HARDY - TOUS LES GARÇONS ET LES FILLES (1962)



SANDIE SHAW - HAD A DREAM LAST NIGHT/J'AI RÊVÉ DE LUI (1967)

Le lien entre les trois chanteuses me semble ici particulièrement évident. On y ressent la même inspiration rêveuse et solitaire, un certain désenchantement postmoderne, une certaine noblesse des sentiments. Une inspiration romantico-mélancolique d’essence baudelairienne. Les deux chanteuses des sixties sont devenues bien malgré elles des icônes pour les générations suivantes, notamment celles des années 80 et 90, revendiquées par des groupes rock new-wave et modern-pop anglais (les Smiths de Johnny Marr et Morrissey par exemple ou encore le français Etienne Daho). Elles restent le précieux témoignage d’une époque révolue dont la substance bienfaitrice heureusement subsiste au cœur de touchantes œuvres musicales et cinématographiques.


SANDIE SHAW AU CŒUR DES ANNÉES 60



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