dimanche 24 décembre 2017

Fête de Noël 2017 !


BONNE FÊTE DE NOËL 2017 À TOUS LES LECTEURS DU BLOG !



Quant à moi, en 2018, reviendrai-je ? Ou pas ?

(À suivre…)




NOËL PAÏEN FOR EVER ! (PAR LÀ)

samedi 24 décembre 2016

LE JOURNAL DE TINTIN N°50 SPÉCIAL NOËL DU 26 DÉCEMBRE 1957 (ÉDITION BELGE) + 6 VIDÉOS FLEURANT BON LES TRENTE GLORIEUSES : la joie des enfants de 1948 pour les jouets de Noël + les vitrines de Noël 1954 + Twist et coiffures en vrac pour Noël 1961 + Noël à Saint-Germain des prés en 1951 + La préparation de Noël avec Marthe Mercadier et Paul Bocuse en 1976 + Jean Gabin et Michel Audiard pour la première fois en tournage à la télé à l’occasion du réveillon de Noël 1960 (Les Trente Glorieuses - Segment 10).


JOYEUX RÉVEILLON DE NOËL 2016 !



Près d’un an après la publication de mon dernier article je reviens sur ce blog pour célébrer ce réveillon de Noël 2016 en proposant à nouveau des extraits d’un numéro de Noël du journal de Tintin emblématique des Trente Glorieuses. Où l’on pourra admirer le trait d’Hergé via une planche de Coke en stock lors de sa parution en avant-première ou via le beau dessin qui fit office de couverture, ainsi que ceux du calendrier pour 1958. Mais particulièrement aussi les pages bien sympathiques signées TibetFranquin ou Peyo (scan en haute définition réalisés par mes soins d’après mon exemplaire). S’ajoutera à cela quelques vidéos d’archives ludiques de l’INA évoquant Noël en ces années d’espérance et d’abondance.

Outre l’effet nostalgique procuré de nos jours par leur consultation, on restera frappés en songeant à quel point ces journaux de BD, tels que le journal de Tintin ou le journal de Spirou (mais aussi les petits formats comme Capt’ain SwingBlekMister No, Janus Stark, Lancelot ou encore Ivanhoé), furent fédérateurs pour plusieurs générations d’enfants, d’adolescents, et même d’adultes (la fameuse tranche « de 7 à 77 ans »), procurant des plaisirs simples et sains dans une époque où le champ des loisirs était plutôt réduit. Il n’y avait pas Internet, ni de portables, ni d’ordinateurs, pas même de lecteurs DVD (ou même de magnétoscopes, qui n’apparurent qu’au début des années 80). Les journaux de BD apportaient pour pas cher une bonne dose d’humour, d’évasion, parfois de réflexion, impliquant aussi un rapport quasi fétichiste avec l’objet lui-même : la magie des pages qui s’enchaînent en dévoilant des mondes inconnus, l’odeur enivrante de l’encre et du papier, sa texture. Tout ce que les technologies numériques d'aujourd'hui ne peuvent plus nous donner, de par leur immatérialité. Et par l’indécente débauche d’argent qu’elles impliquent, qu’elles génèrent.




Absent de mon blog depuis un an suite à quelques problèmes de santé que j’ai réussi à surmonter, mais aussi suite au dégoût de plus en plus prononcé que me procure notre époque, son hystérie, sa vulgarité, sa décadence - toutes choses qui incitent au retrait - et suite enfin à la violence des attentats à laquelle nous sommes maintenant confrontés durablement (conséquences directes des décisions irresponsables de nos dirigeants en matière de politique internationale notamment), je me devais pourtant de revenir pour Noël, fête du renouveau, qui m’est chère en tant que païen célébrant les vraies origines de cet événement, celles antérieures au christianisme.

Durant ces 12 mois où je n’ai rien publié sur ce site j’ai constaté avec surprise que l’audience du blog n’avait pas chuté pour autant, bien au contraire. Elle a globalement doublé, en particulier ces dernières semaines, ce qui fut une source d’étonnement pour moi, d'autant que je n'ai aucun lien Facebook ou Twitter associés. J’ai pu aussi constater que les messages d’internautes n’ont pas cessé, et venant de personnes que je ne connais pas dans la plupart des cas, ce qui est une satisfaction car cela prouve que le blog touche une vraie diversité de gens.

Cette longue période de retrait m’a permis de réfléchir au sens et à l’orientation que devrait avoir ce blog. Il n’est donc pas impossible que, dans les jours ou les semaines à venir, ce site Une seconde, et l’éternité soit le théâtre de plus ou moins profonds bouleversements et modifications, sur la forme comme sur le fond. Un nettoyage de Printemps pour le moins. Un reformatage de la matrice.
Mais rien n’est sûr. 
Qui vivra verra. 
À bientôt (comme on dit dans ces cas là)…





13 PAGES DU JOURNAL DE TINTIN N°50 SPÉCIAL NOËL
 DU 26 DÉCEMBRE 1957 (ÉDITION BELGE)
+ 6 VIDÉOS INA 1948-1976



Noël 1948. Choix épineux des cadeaux pour les enfants. Document émouvant lorsqu'on songe qu'il fut tourné seulement 3 ans après la fin de la guerre. (01min 43s).




Les vitrines de Noël dans la ville en 1954... Eh oui, la cohue. Déjà. (Document muet, et il nous semble pourtant qu'on entend distinctement les cris des enfants et le brouhaha de la foule. 03mn 52s).




Twist, salon de coiffure gratis et petits fours pour le réveillon de Noël 1961. Document hilarant. (01min 45s, avec quelques instants sans son, qui rajoutent encore de l’étrangeté à la chose).

Les gars, pour le concours Tintin ci-dessous, on a jusqu'au 15 janvier 1958 pour renvoyer le formulaire. On est donc en retard de presque 59 années. Diantre !


Noël 1951 à Saint Germain des Prés : le Père Noël flanqué des Rois Mages et de la Vierge Marie déambule dans le quartier à partir de la place Saint Sulpice, distribuant jouets et attrape-caries aux enfants médusés. (Document muet, 01min 48s).




Réveillon de Noël 1976. La styliste Primerose Bordier donne quelques conseils pour dresser une table de Réveillon tandis que l’espiègle Marthe Mercadier et l'incontournable Paul Bocuse nous détaillent la recette de la dinde aux marrons. À des années-lumière des émissions de cuisine de la télé bling-bling d'aujourd'hui. (29min 42s).


Un Modeste et Pompon signé André Franquin, excusez du peu...

Eh oui, on pensait déjà à un téléphone sans fil dans le journal de Tintin dès 1957, des décennies avant le portable...

À l'occasion du réveillon de Noël 1960 Jean Gabin et Michel Audiard ont accepté pour la première fois de tourner pour la télévision une petite séquence humoristique réalisée par Frédéric Rossif. (05min 14s).




BONNES FÊTES DE FIN D'ANNÉE AUX LECTEURS DU BLOG !

jeudi 31 décembre 2015

Fin des fêtes de Noël... C’est avec une joie non dénuée d’impatience que l’on dira ce soir un adieu sec à 2015 qui sans l’ombre d’un doute FUT VRAIMENT UNE ANNÉE DE MERDE. L'on trouvera ici en bonus cinq vidéos nous rappelant le bon temps des Trente Glorieuses: jour de l'an 1947, jeunes filles sur la plage + réveillon 1963, strip-tease décalé de Liliane Montevecchi + réveillon 1957, sketch de Roger Pierre et Jean Marc Thibault + réveillons 1975 et 1977, beauté et meilleure santé. (Les Trente Glorieuses - Segment 8). Et autre bonus avec le « I wanna be a rock roll star » de la chanteuse nippone Mai Fukui.


Tout d’abord je fais amende honorable, la honte aux joues, et la grosse boule dans la gorge : il n’y a pas eu cette année d’article commémorant Noël sur UNE SECONDE, ET L’ÉTERNITÉ. C’est la première fois que ça arrive en 5 années d’existence et je n’en reviens toujours pas. Quand on sait à quel point j’attache de l’importance à cette fête d’origine païenne (l’ayant rappelé chaque 24 décembre ici-même à l’occasion du réveillon à venir - pour ceux qui ne connaissent pas ce blog, voir le lien NOËL FOR EVER dans la catégorie RUBRIQUES à gauche - ), la chose semble incompréhensible voire choquante. C’est même presque un crime à l’échelle de la planète. Si. Certes, on peut considérer que ma page NOËL PAGANISTE située sur la barre d’accueil du blog et consultable facilement à toute heure du jour et de la nuit, 365 jours par an, suffit par sa pertinence et sa permanente présence à excuser ce genre de manquement. Mais tout de même. Que cela ne se reproduise plus !  
      
Il faut cependant savoir que votre serviteur a un cœur comme tout le monde, et peut-être même une sensibilité un chouia au-dessus de la moyenne, ce qui implique qu’il reste très perméable aux aléas de la vie et à la folle marche d’un monde qui à l’évidence continue sa décadence programmée et son cheminement sur l’autoroute de l’extinction pure et simple. Et parfois cette perméabilité amène au découragement. Rien à voir donc avec un éventuel manque d’inspiration (les sujets que je veux traiter sur ce blog sont au contraire tellement nombreux et variés qu’ils se bousculent dans ma tête en faisant un boucan d’enfer). Mais l’aberrant spectacle de la violence quotidienne (chômage de masse monstrueux et exponentiel, attentats et guerres un peu partout, totalitarisme partiel de nos gouvernants sous couvert de républicanisme - j’ai d'ailleurs listé une partie des dérives totalitaires de la gouvernance actuelle soi-disant démocrate, à consulter dans le paragraphe intitulé DÉRIVE TOTALITAIRE DE LA GOUVERNANCE FRANÇAISE ET VRAI VISAGE DE NOTRE « RÉPUBLIQUE » FAISANDÉE (LISTE ÉLABORÉE PAR MES SOINS) qui conclut l'article disponible ici ) et de cette décadence indéniable me fige parfois (les attentats du début d’année, la mise en examen injuste du meilleur humoriste de France par un exécutif politique devenu fou et sous influence de dominateurs étrangers [voir ici], puis quelques ennuis personnels ont eu pour conséquence la plongée de ce blog dans le silence pendant de longs mois). Ah oui, cette décadence, cette effroyable décadence orchestrée au profit du mondialisme par les oligarchies qui se sont emparées de nos sociétés, en occident et particulièrement en France depuis 1945... De cette période qui mène jusqu'à aujourd'hui, mettons de coté les enchanteresses Trente Glorieuses qui ne furent qu’une parenthèse bien agréable et inespérée mais ayant le tort de nous masquer le système sociétal et économique diabolique qui s’apprêtait à se mettre en place dans l’ombre et dont nous avons découvert toute sa capacité de nuisances quelques décennies après. Trop tard, comme toujours. 

Concernant ces Trente Glorieuses (1945 à 1975, avec éventuellement les quelques années suivantes jusqu'à l’aube des années 80) il est important de ne jamais croire certains idéologues professionnels ou amateurs qui souvent, dans les médias ou sur des forums, vous disent que la beauté de ces années est un mythe, et qu’elles sont fantasmées. Car je peux certifier, y ayant vécu en partie lors de mon enfance et mon adolescence, qu’elles étaient réellement belles et bien plus saines que notre réalité de maintenant (mis à part quelques avancées technologiques et médicales d'aujourd'hui dont nous aurions du mal à nous passer). Ceux et celles qui les dénigrent mentent donc, et le font pour des raisons idéologiques inavouées, car la marche du monde actuelle, diamétralement opposée à celle de ces touchantes années, sert merveilleusement leurs petits intérêts, et leur convient donc très bien. 

Vous trouverez ci-dessous quelques petites archives en vidéo datant de l'ORTF (une époque où la télé, malgré ses faibles moyens, respectait encore le peuple et n’était pas livrée aux dominations des financiers, à la propagande généralisée du mondialisme, et pourvoyeuse docile de la médiocrité générale). Il s'agit ici de petites bulles de champagne à prendre comme telles, légères et pétillantes, évoquant toutes le réveillon du jour de l’an. En 1947 (pour le jour de l’an lui-même, à Cannes sur la plage, étrange document jamais diffusé), en 1963 (pour un strip-tease humoristique et somme toute très chaste réalisé par l’actrice Liliane Montevecchi, en 1963 quand même !), en 1957 (pour un sketch rêveur et bon enfant sur l'apesanteur par Roger Pierre et Jean Marc Thibault, acteurs-symboles  de ces années de bonheur et de cette télé saine attendrissante à jamais disparue), en 1975 et en 1977 enfin (pour quelques conseils de beauté pour vous Mesdames et ceux du docteur Bessis pour bien gérer le réveillon, documents légers illustrant parfaitement le ton bienveillant de ces années). Pour les nouveaux lecteurs qui souhaitent plus d’éclaircissements sur les Trente Glorieuses, la décadence générale actuelle, et les raisons de cette rubrique LES TRENTE GLORIEUSES qui atteint ce jour son huitième segment, veuillez accéder à la lumière sur cette page.

Enfin, pour être tout à fait complet sur les raisons de l’absence de l'article de Noël, il y a eu aussi un événement (heureux celui-là) que je n’avais absolument pas envisagé, et qui m’a pris pas mal de temps (beaucoup plus qu’on pourrait se l’imaginer). En un mot comme en cent, le responsable finalement c’est lui :


Et je n’en dirai pas plus.
 Comprenne qui pourra.


JOYEUX RÉVEILLON EN CETTE FIN D'ANNÉE
 (ANNÉE DE MERDE, À TOUS LES POINTS DE VUE OU PRESQUE)
 ET BON JOUR DE L’AN 2016 !



RAPPEL PLUS QUE JAMAIS D'ACTUALITÉ : Enivrons-nous de la grâce d’un sourire, d’une vivifiante présence éthérée, ou de la musique d’une chanteuse nous venant directement des cieux… en ces temps d’apocalypse contemporaine, de mensonges exponentiels et de massacres programmés à l’échelle du monde. Avant qu’il ne soit trop tard. (La talentueuse et douce Mai Fukui, artiste pop-rock japonaise, et son I wanna be a rock roll star).



CINQ VIDÉOS DES TRENTE GLORIEUSES À PROPOS DU JOUR DE L'AN ET DU RÉVEILLON
 (ARCHIVES DE LA RTF ET DE L'ORTF)


Le bain du jour de l'an à Cannes en 1947 (jamais utilisée - 01min 13s)

Liliane Montevecchi exécute un strip-tease paradoxal pour le réveillon en 1963 (03min 41s)

Sketch de rêveurs signé Roger Pierre et Jean Marc Thibault pour le réveillon de 1957 (2min 37s)

Quelques conseils de beauté pour le réveillon de 1975 (04min 02s)

Les conseils du docteur Bessis pour le réveillon de 1977 (02min 32s)



samedi 14 novembre 2015

Les pires attentats en France toutes époques confondues en cette soirée du vendredi 13 novembre 2015 à Paris : 129 personnes abattues, 352 grièvement blessées, dont 99 entre la vie et la mort. Cette situation catastrophique est la conséquence directe de la politique étrangère de la France voulue par nos présidents successifs, de Nicolas Sarkozy à François Hollande.



● Entre 21h20 et 21h53: trois explosions retentissent autour du Stade de France, à Saint-Denis, près des portes D et H et rue de la Cokerie, pendant le match amical France-Allemagne, disputé devant 80.000 spectateurs. Une personne est tuée ainsi que trois kamikazes. Une, puis deux détonations se font entendre mais le match continue. Les joueurs et les spectateurs ignorent ce qui se passe au dehors, comme en témoigne Christophe qui l'apprend en sortant, alors que son fils, « inquiet », l'appelle au téléphone. Un chauffeur privé qui attendait la fin du match aux abords du stade est « touché par un éclat de bombe à la cuisse », atteste son employeur. Il est opéré dans la nuit.

● 21h25: fusillade à Paris à l'angle des rues Bichat et Alibert (Xe arrondissement). Face à face, le bar Le Carillon et le restaurant Le Petit Cambodge sont visés par des tireurs qui sortent d'une Seat type Léon noire. Des lieux très fréquentés par les jeunes Parisiens et les étrangers. Vitrines et terrasses sont criblées de balles, le sang abonde sur le trottoir, il y a quinze morts. Une centaine de douilles sont retrouvées sur la chaussée. Des survivants décrivent des scènes « irréelles », des corps « en pièces détachées ». « C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait », relate une femme. Marie-Laurence, une habitante du quartier qui a vécu les attentats du 11 Septembre à New York, est « dans l'incompréhension et la tristesse » mais se « refuse à la peur ».

● 21h32: rue de la Fontaine-au-Roi (XIe arrondissement), à proximité de la place de la République, cinq personnes sont tuées près d'une pizzeria, La Casa Nostra, et du bar À la bonne bière. Deux jeunes filles qui logeaient à l'auberge de jeunesse voisine, sont abattues devant les yeux de Stéphane, un riverain sexagénaire qui rentrait chez lui. « J'ai vu une voiture s'arrêter et deux ou trois types sortir de chaque côté et tirer de part et d'autre de la chaussée avec des armes automatiques », raconte-t-il, traumatisé. Une Seat Leon noire est également aperçue sur les lieux. Stéphane filme la scène avec son téléphone portable, où l'on voit des policiers entrer dans le restaurant à la poursuite des assaillants. L'un se réfugie au numéro 2 de la rue, selon plusieurs témoins, dont le patron de La Casa Nostra.

● 21h36: tirs rue de Charonne (XIe arrondissement) au restaurant La Belle Équipe. Dix-neuf personnes sont tuées. Toujours la Seat Leon noire.

● 21h40: boulevard Voltaire (XIe arrondissement), l'un des kamikazes qui porte une ceinture explosif se fait exploser au Comptoir Voltaire. Une personne est grièvement blessée.

● 21h40: une Polo noire arrive devant le Bataclan. De nombreux coups de feu sont tirés. Dans la salle de spectacle, où se déroule un concert de rock, plusieurs hommes armés, à visage découvert, ouvrent le feu aux cris de « Allah Akbar », et prennent les 1500 spectateurs en otages. Ces derniers vivent une scène d'horreur pendant plus de deux heures, un témoin parle de l'un des assaillants comme d'une « machine à tuer » qui « abattait méthodiquement les gens à terre ». Un autre les décrit: « L'un avait l'air d'un jeune type, une petite barbe de trois jours. L'autre était rasé de près, portait des petites lunettes et une sorte de béret jaune. Il portait aussi ce que j'ai pris pour un gilet pare-balles: c'était en réalité une ceinture explosive ». (Source Le Figaro. Lire la suite sur Le Figaro.fr).


ATTENTAT AU BATACLAN (PANIQUE DES SURVIVANTS QUI S'ENFUIENT)



Cette situation catastrophique est la conséquence directe de la politique étrangère de la France voulue par nos présidents de la république successifs qui, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, ont toujours été complices des agissements impérialistes des Etats-Unis. Cet empire USA délétère qui décida, dès la première guerre du Golfe il y a plus de 20 ans et sous l’impulsion des « faucons » de Washington, main dans la main avec l’état juif d’Israël, de déstabiliser puis remodeler en profondeur l’ensemble du Moyen-Orient afin d’en prendre le contrôle, et de bénéficier notamment d’un pétrole très bon marché. Cela passa par la chute programmée de tous les pays récalcitrants à leur expansionnisme : après l’anéantissement de l’Irak (assassinat de Saddam Hussein), vint celui de la Lybie (assassinat de Kadhafi), puis de la Syrie qui devait tomber à l’aide de mercenaires que la communauté internationale complice présenterait comme des « rebelles » issus du peuple (le seul authentique « printemps arabe » fut celui de la Tunisie, vrai soulèvement populaire, tous les autres n’étant qu’une vaste manipulation médiatique destinée à donner le change). L’Iran devait être le dernier à tomber après la Syrie. Mais nos apprentis sorciers n’avaient pas prévu le surgissement d’un « Etat islamique » aux succès militaires exponentiels. C’est celui-là qui agit maintenant dans divers pays du monde, et notamment d’Europe, et que nous avons vu en action ce 13 novembre. Les Etats-Unis et leurs alliés sont donc pris à leur propre piège. Mais qui trinque au final ? Eh bien, toujours les mêmes : ce sont les gens du peuple, qui eux ne bénéficieront jamais de protections dont disposent les oligarques irresponsables qui nous gouvernent. On l’a encore constaté amèrement ce vendredi 13.

CET ÉVÉNEMENT FUNESTE AUGURE SANS DOUTE POUR NOUS TOUS LA FIN DE QUELQUE CHOSE. ET LE DÉBUT D’UNE ÉPOQUE INCERTAINE DONT NOUS NE MESURONS PAS ENCORE LA TRAGIQUE PESANTEUR.

mercredi 4 novembre 2015

MAURICE ROLLINAT, POÈTE (1846-1903) - Segment 2


MAURICE ROLLINAT, POÈTE (1846-1903)


LA RONCE ET LE SERPENT

Foisonnantes, couvant des venins séculaires 
Dans ce marécageux semis d'herbe et de rocs, 
Les ronces, par fouillis épais comme des blocs, 
Embusquaient sourdement leurs dards triangulaires.

Ah certe ! Elles guettaient si bien l'occasion 
Du Mal, si scélérate épiait leur adresse, 
Que l'accrochant éclair de leurs griffes traîtresses 
Fut plus subtil encor que ma précaution.

J'enrageais ! Quand mon pied heurte un serpent... la bête 
Aurait pu se venger ? elle écarta la tête,
Et s'enfuit d'un train plus rampant.

Allons ! que ton humeur à présent se défronce, 
Me dis-je ! - Et, j'oubliai pour un si doux serpent
La méchanceté de la ronce.


LA VIEILLE ÉCHELLE

Gisant à plat dans la pierraille,
Veuve à jamais du pied humain,
L'échelle, aux tons de parchemin,
Pourrit au bas de la muraille.

Jadis, beaux gars et belles filles,
Poulettes, coqs, chats tigrés
Montaient, obliques, ses degrés,
La ronce à présent s'y tortille.

Mais, une margot sur le puits
Se perche... une autre encore ! et puis,
Toutes deux quittant la margelle

Pour danser sur ses échelons,
Leurs petits sauts, tout de son long,
Ressuscitent la pauvre échelle.


LA VOIX DU VENT

Les nuits d'hiver quand le vent pleure,
Se plaint, hurle, siffle et vagit, 
On ne sait quel drame surgit 
Dans l'homme ainsi qu'en la demeure.

Sa grande musique mineure 
Qui, tour à tour, grince et mugit,
Sur toute la pensée agit 
Comme une voix intérieure.

Ces cris, cette clameur immense,
Chantent la rage, la démence,
La peur, le crime, le remord...

Et, voluptueux et funèbres, 
Accompagnent dans les ténèbres 
Les râles d'amour et de mort.


LA RIEUSE 

Ses rires grands ouverts qui si crânement mordent
Sur le fond taciturne et murmurant des prés,
Sont métalliques, frais, liquides, susurrés,
Aux pépiements d’oiseaux ressemblent et s’accordent.

Excités par la danse, ils se gonflent, débordent
En cascades de cris tumultueux, serrés,
De hoquets glougloutants, fous et démesurés,
Qui la virent, la plient, la soulèvent, la tordent.

On la surnomme la Rieuse.
La santé la fait si joyeuse
Qu’elle vit sa pensée en ses beaux yeux ardents ;

Son âme chante tout entière
Dans sa musique coutumière,
Sur le robuste émail de ses trente-deux dents.

— « Est-elle heureuse ! » — mais, la triste expérience
Vous chuchote sa méfiance : 
« Ici-bas, tout bonheur est court. 
Le ver, comme disent les vieilles, 
Couve aux pommes les plus vermeilles. 
Tôt ou tard, elle aura son tour 
Dans la tristesse. Quelque jour, 
Elle ira, funèbre et chagrine, 
Au long des bois, au bord de l’eau. 
Alors, ce sera le sanglot 
Qui contractera sa poitrine. 
Au lieu de leurs pimpants vacarmes, 
Sur ses lèvres viendront croupir 
Le silence du long soupir, 
Le sel âcre et brûlant des larmes.
Car, ainsi va notre destin :
L’illusion flambe et s’éteint.
Après l’innocence ravie
Le Mal enlacé du remord !
Et l’épouvante de la mort
Après l’ivresse de la vie ! »


MAGIE DE LA NATURE

Béant, je regardais du seuil d'une chaumière 
De grands sites muets, mobiles et changeants, 
Qui, sous de frais glacis d'ambre, d'or et d'argent, 
Vivaient un infini d'espace et de lumière.

C'étaient des fleuves blancs, des montagnes mystiques. 
Des rocs pâmés de gloire et de solennité, 
Des chaos engendrant de leur obscurité 
Des éblouissements de forêts élastiques.

Je contemplais, noyé d'extase, oubliant tout, 
Lorsqu'ainsi qu'une rose énorme, tout à coup, 
La Lune, y surgissant, fleurit ces paysages.

Un tel charme à ce point m'avait donc captivé 
Que j'avais bu des yeux, comme un aspect rêvé, 
La simple vision du ciel et des nuages !


REPAS DE CORBEAUX

C'est l'heure où la nuit fait avec l'aube son troc. 
Dans un pays lugubre, en sa plus morne zone, 
Précipité, profond, massif comme le Rhône 
Un gave étroit, muet, huileux, mou dans son choc ; 
Sol gris, rocs, ronce, et là, parmi les maigres aunes, 
Les fouillis de chardons, les courts sapins en cônes. 
Des corbeaux affamés qui s'abattent par blocs ! 
Ils cherchent inquiets, noirs dans le blanc des rocs ; 
Tels des prêtres, par tas, vociférant des prônes,
Ils croassent, et puis, ils sautent lourds, floc, floc !
Soudain, leur apparaît, longue au moins de deux aunes, 
Une charogne monstre, avec l'odeur ad hoc !...
Ils s'y ruent ! griffes, becs taillent, frappent d'estoc. 
Acharnés jusqu'au soir, depuis le chant du coq, 
Ils dévorent goulus la viande verte et jaune 
Dont un si bon hasard leur a fait large aumône. 
Puis, laissant la carcasse aussi nette qu'un soc, 
Se perchant comme il peut, tout de bric et de broc, 
Dans un ravissement que son silence prône,
Au-dessus du torrent, le noir troupeau mastoc, 
Immobile, cuvant sa pourriture, trône. 
Sous la lune magique aux deux cornes de faune.


LA GRANDE CASCADE

A cette heure, elle n'est sensible, 
La grande cascade du roc, 
Qui par son tonnerre d'un bloc, 
La nuit la rend toute invisible.

Et, pourtant, sa rumeur compacte 
Décèle son bavement fou, 
Sa chute à pic, en casse-cou, 
Son ruement lourd de cataracte.

Un instant, l'astre frais et pur 
Écarte son nuage obscur, 
Comme un œil lève sa paupière ;

Et l'on croit voir, subitement, 
Crouler des murs de diamant 
Dans un abîme de lumière.



À L'ASSEMBLÉE

Parmi châtaigniers et genêts 
Où s'émouchaient, sans pouvoir paître, 
Des montures sous le harnais, 
Ronflait l'humble fête champêtre.

Les crincrins et les cornemuses, 
La ripaille, un soleil de feu, 
Allumaient tout un monde bleu 
A faces longues et camuses.

Et, tandis que ce flot humain 
- L'enfance comme la vieillesse -
Battait les airs de sa liesse... 
En grand deuil - au bord du chemin,

Les yeux fermés, - morte aux vacarmes, 
Une femme étranglait ses larmes 
A genoux, devant une croix.

Rien n'aura l'horreur et l'effroi 
De ces pleurs gouttant, sans rien dire, 
Dans cet énorme éclat de rire.


FIN D'HIVER

Par ce temps si bénin, après tant de froidure, 
Dans les grands terrains gris, sur les coteaux chenus, 
On a l'impression parmi ces arbres nus 
D'un très beau jour d'été sans fleurs et sans verdure.

Les pieds ne glissent plus sur la terre moins dure 
Où les feux du soleil, presque tous revenus, 
Allument cailloux, rocs, sable et gazons menus. 
Dans l'atmosphère souffle un vent tiède qui dure.

Et çà et là - près d'un marais, 
D'un taillis, d'un pacage, auprès 
D'un ruisseau bordé de vieux aunes,

Le printemps s'annonce à vos yeux
Avec le vol silencieux 
De beaux petits papillons jaunes.


LE CRI DU CŒUR

Rondement, Mathurin 
Mène dans sa carriole 
La Dame qui s'affole 
De filer d'un tel train.

Elle crie au trépas ! 
Le vieux dit : «  Not' maîtresse, 
N'soyez point en détresse 
Puisque moi j'y suis pas.

Si y'avait du danger 
Vous m'verriez m'affliger 
Tout comm' vous, encor pire !

Pac'que, j'm'en vas vous dire :
J'tiens à vos jours, mais j'tiens 
P'tèt' encor plus aux miens. »



vendredi 14 août 2015

De la musique concrète électroacoustique chère à Pierre Schaeffer aux compositions ascétiques que n’auraient pas reniées Messiaen et Debussy, en passant par des pièces pour orchestre ou soliste plus en accord avec la sensibilité extrême-orientale, l’œuvre du chef de file de la musique classique japonaise Toru Takemitsu conserve malgré les années toute son étrangeté et son intacte capacité à nous émerveiller.


Le parcours de ce japonais esthète (pléonasme ?) reste surprenant en ce sens qu’il débuta son apprentissage musical à l’écoute de la musique occidentale qui le fascinait tout en méconnaissant et négligeant globalement la culture ancestrale de son pays, avant d’y accéder et d’y succomber bien des années plus tard notamment par l’entremise du compositeur John Cage. Cette absence d’intérêt initiale pour l’héritage culturel nippon (malgré une initiation au koto par sa tante dans ses plus jeunes années, voir mes articles sur cet instrument ici, et ) peut s’expliquer notamment par le traumatisme que le jeune Takemitsu connut face aux années de guerre qu’il associa à tort ou à raison aux agissements d’un Japon impérial conquérant. 

L’APPRENTISSAGE  En effet, né en 1930 à Tokyo, le futur grand compositeur passa ses premières années en Chine sous la tutelle de son père dans une région de Mandchourie alors sous emprise de l’armée impériale japonaise. Il fut mobilisé en 1944 pour contribuer à l’effort de guerre, en vain quand on sait hélas que le monde impérialiste américain conclura définitivement les hostilités de la plus abjecte manière qui soit, le 6 août 1945 à Hiroshima, puis trois jours plus tard à Nagasaki. Par la force de l’occupation yankee qui s’en suivit, la « culture » américaine gagna le Japon pour le pire, inondant ce pays à la subtile gastronomie de leur bouffe dégueulasse (MacDo, Hamburger, Coca-Cola, etc.), de leur décadence morale, et de leurs musiques de nègres (comme on disait à une époque où la liberté d’expression était encore une manière de réalité). D’autres influences occidentales, notamment françaises, façonnèrent heureusement l’artiste en devenir qu’était Takemitsu (fasciné par l’œuvre de Messian qu’il découvrit à la radio, il fut aussi durablement ému par la chanson populaire française, notamment celle de Jean Lenoir avec Parlez-moi d’amour interprétée par Lucienne Boyer). 

Bientôt le compositeur Yasuji Kiyose décida de le prendre pour élève en 1948 pour quelque temps, avant que le jeune musicien ne choisisse de se consacrer à la création d’une musique dégagée des conventions en vigueur dans le monde artistique de ces années cinquante pourtant propices à l’émergence de moments artistiques novateurs comme l’Europe sut en proposer (on pense aux mardis de Mallarmé, ou encore au foisonnement - délétère à mes yeux - des surréalistes), décision qui l’inscrivit de fait dans la mouvance d’une musique contemporaine en pleine éclosion. L’écrivain Shuzo Takiguchi lui ouvrit en 1951 et pour plusieurs années les portes de son atelier expérimental déjà fréquenté par des peintres, poètes, dramaturges et musiciens avides de découvrir les mondes cachés de l’abstraction ou le dérèglement des sens. Ces années formatrices furent ponctuées d’œuvres marquantes comme Distance de Fée, pour violon et piano en 1951 (ou l’on peut distinguer l’influence de Messian et de Debussy, voir la vidéo ci-dessous), Pause ininterrompue, pour piano en 1952, Concerto de Chambre, pour 13 instrumentistes en 1955 ou encore Requiem for strings, pour orchestre à cordes en 1957 dont la pureté fut saluée par un Stravinski admirateur. 

Toru Takemitsu - Distance de Fée, pour violon et piano (1951) 

UN DES PIONNIERS DE L’ÉLECTROACOUSTIQUE  Takemitsu se passionna aussi pour les débuts en 1948 de la musique concrète et électroacoustique de Pierre Schaeffer (mais aussi celle de Pierre Henry) et publia l’étrange Static relief pour bande magnétique en 1956 ou encore Water music, pour bande magnétique en 1960 (à écouter ci-dessous). Inutile de préciser que ces œuvres sont plutôt expérimentales, et que si elles séduiront toutes personnes ouvertes d’esprit et sans frontières musicales, elles auront en revanche peu de chances de séduire ce qu'on a coutume d'appeler le grand public, raison pour laquelle les maisons de disques ne se pressent pas pour éditer ces œuvres sur vinyle ou CD. Il s’avère en effet que, malgré des recherches poussées sur le Net, je n’ai hélas pu trouver de disques de Takemitsu disponibles en 2015 concernant ses créations électroniques et de musiques concrètes. RCA VICTROLA publia en 1969 aux USA un vinyle enregistré au Japon consacré notamment à deux œuvres mythiques dans ce domaine, le Water music, pour bande magnétique cité plus haut et l’audacieux Vocalism Ai - Love (72 heures de montage de bandes pour un résultat final de 4mn09, très japonais mais aussi très contemporain, voir la vidéo ci-dessous. En écoutant la bande on a l’impression d’assister au résultat d’une expérience scientifique menée par un médium qu’on aurait chargé d’enregistrer, dans une pièce hantée, les sons mystérieux émis par d'obscurs revenants. Ne rigolons pas trop vite de ce scénario digne d'un banal film fantastique tant il est important de se rappeler que le concept de fantômes, loin du folklore propre à nos contrées occidentales, est pris très au sérieux au Japon et plus généralement dans les pays d’Asie-orientale. Il suffit de voir les nombreux films d’horreur japonais qui tournent autour de ce sujet, le summum ayant été atteint avec Ring, la trilogie magistrale du génial cinéaste Hideo Nakata dont ce Vocalism Ai - Love pourrait sans problème constituer la bande-son).

Toru Takemitsu - Static relief pour bande magnétique (1956)

Toru Takemitsu - Water music pour bande magnétique (1960)

Toru Takemitsu - Vocalism Ai - Love pour bande magnétique (1956)

LA RECONNAISSANCE ET LE RETOUR AUX RACINES  Avec les années, le travail de Takemitsu porta finalement ses fruits et le musicien fut reconnu pour son talent dans le monde occidental où il fut souvent primé pour sa contribution à la démocratisation de la musique contemporaine, devenant ainsi un formidable ambassadeur de son Japon natal pour lequel il décida de s’investir de plus en plus, travaillant pour la radio, la télévision et le cinéma tout en devenant le directeur du prestigieux Space Theater lors de l’exposition universelle d’Osaka. Pour le 7ème art, il écrivit plus de 80 musiques de films dont certains des maîtres Shohei Imamura ou Akira Kurosawa - pour ce dernier, on n'oubliera jamais la musique accompagnant le chef-d’œuvre RAN, en particulier celle toute debussienne qui, contemplative, illustre par un saisissant contraste la scène infernale et chaotique de l’attaque par les seigneurs Taro et Jiro du château où est réfugié leur infortuné père le daimyo (noble gouverneur féodal nippon) Hidetora Ichimonji - (voir un court extrait de cette longue scène dans la vidéo ci-dessous). 

Takemitsu - Extrait de la musique du film Ran de Kurosawa (1985)

Jusque-là éloigné de ses racines en matière de composition, c’est sa découverte de la tradition scénique Bunraku, et dans une moindre mesure sa rencontre avec John Cage, qui le décidera à renouer avec la culture nippone pour découvrir dans les années soixante l’essence profonde de la musique ancestrale de son pays (« A cette époque, j’étais fou des compositeurs de « l'école de Vienne », puis j’ai entendu par hasard la musique du théâtre de marionnettes Bunraku. Ce fut comme un choc, cette musique m’apparaissant comme très belle et puissante. Je me rendais soudain compte que j’étais avant tout japonais et que je devais étudier ma propre tradition. Donc, j’ai commencé à apprendre à jouer de la Biwa. Je l'ai étudié avec un grand maître pendant deux ans et je suis devenu très soucieux de notre culture. Mais je tente encore de la combiner avec la musique occidentale dans mes compositions ») [1]. Il incorporera à ses musiques des thèmes japonisants souvent liés à la nature (et donc en parfaite adéquation avec l’âme japonaise), et des instruments du folklore nippon aux formations orchestrales occidentales, allant jusqu’à composer en 1973 pour un orchestre gagaku (instruments ancestraux pour musique de cour du Japon) le fascinant In an autumn garden.

Toru Takemitsu - In an Autumn garden (1973)

Les amoureux de la musique de Debussy dont je suis ne peuvent que se sentir à l’aise avec celle de Takemitsu, ces deux univers éthérés et troublants ayant beaucoup de points communs. L’essence de ses compositions savantes m’apparaît comme une recherche de l’osmose entre le silence observé dans la nature et l’expression organique des instruments comme autant de signes telluriques, mais aussi la célébration de l’eau dans toutes ses manifestations physiques, omniprésentes au Japon (sources vivifiantes, lacs millénaires issus de la dernière période de glaciation, pluies diluviennes - Tsuyu, pluie des pruniers - et mer du pacifique qui enserre amoureusement - mais inexorablement - l’archipel).
  

CHOIX DISCOGRAPHIQUE Il est difficile de se constituer la discographie complète de Takemitsu si on habite pas au Japon, la logique de rentabilité des maisons de disques n’épargnant pas son œuvre - quand on voit que cette logique s’applique même pour les compositeurs les plus connus du public ici-bas (Mozart, Bach, Beethoven and Co) on n’en sera pas surpris. Impossible par exemple de se procurer les œuvres de musique concrète comme je le rappelais plus haut, sauf en passant par des sites aux enchères où vous aurez alors la chance de trouver d’occasion des vinyles incontournables (c’est le cas sur cette page, avis aux amateurs). Comme pour les disques consacrés à Mozart ou à Beethoven, et pour tous les compositeurs massivement connus, on assiste à un nombre considérable de doublons, les éditeurs tenant à vendre au maximum en proposant à l’envi les mêmes incontournables compositions. Le tri s’avère donc nécessaire. Je conseillerai d’acquérir le bel album Spirit garden, Orchestral Works of Takemitsu disponible en 2CD (label BRILLIANT CLASSIC) qui donnera au néophyte un bon aperçu de l’importance et du talent de Takemitsu dans le domaine de l’œuvre orchestrale. Le premier CD d’une durée de 56mn52 comprend les compositions Requiem for strings, November steps (voir les deux vidéos plus bas), Far calls, Coming, far !, Visions for orchestra. Le second d’une durée de 59mn33 propose Gémeaux, Dream/Window et Spirit garden. Près de deux heures de bonheur musical globalement zen.

Toru Takemitsu - Requiem for strings (1957)

Toru Takemitsu - November steps (1967)

Rain Tree, the complete solo piano music of Toru Takemitsu par Norigo Ogawa propose comme son nom l’indique l’intégrale des compositions pour piano seul (label BIS). Elle est préférable à celle de l’anglais Paul Crossley (label CRD) car même si celui-ci a une filiation avec Olivier Messian et Toru Takemitsu qu’il a d’ailleurs côtoyé, il n’a pas la sensibilité japonaise qui me semble indispensable pour bien interpréter cette musique. La nippone Norigo Ogawa l’a assurément, et j’ai par ailleurs un faible pour cette excellente pianiste dont la discographie est un hommage permanent à la musicalité, qu’elle soit extrême-orientale ou occidentale (voir mon article détaillé sur cette artiste japonaise par ici). De cette même interprète il faut avoir sa version du concerto pour piano Riverrun (voir la vidéo en fin d'article) qu’on trouvera dans le disque collégial A string around automn (label BIS) couplé notamment au concerto pour flute (I hear the water dreaming) et à celui pour violon au titre éponyme (A string around automn). 

Pour la musique concrète, essentiellement Water music et Vocalism Ai - Love pour bande magnétique et voix, il faudra racler le fond de votre porte-monnaie et se reporter sur le vinyle cité plus haut (label RCA VICTROLA) via le site de ventes aux enchères dont j’ai fournis le lien. 

Concernant la musique de chambre on pourra s’attarder sur le joli disque du trio nippon Fujita piano trio (label ASV) qui revisite de belles compositions telles que l’aérienne Romance pour piano solo, l’intense Distance de Fée pour piano et violon, la sombre Hika pour piano et violon, l’enjouée Piano pieces for Children pour piano ou encore la mélancolique Litany-In memory of Michael Vyner pour piano.

[1] Interview Toru Takemitsu, Vienne, 4 novembre 1994



Toru Takemitsu -  Riverrun Concerto pour piano et orchestre (1984)