lundi 24 décembre 2012

Trois chansons pour célébrer ce Noël 2012 dans de très très belles conditions - Christian Vander : Hymne aux enfants, Greg Lake/ELP : I believe in Father Christmas, et Sufjan Stevens : That was the worst Christmas ever ! JOYEUX NOËL PAÏEN À TOUS !


Christian Vander leader de Magma en a surpris beaucoup lorsqu’en 1994 il sortit « À tous les enfants », ce beau livre-disque ayant pour thème l'enfance éternelle. Le créateur d’œuvres telluriques aussi radicales que Mekanïk destruktïw kommandöh ou Ẁurdah ïtah se présentait tout à coup sans armure, et totalement désarmant. Mais c’était oublier que le monde de l’enfance reste toujours vivace chez les vrais artistes et poètes. Ce sont les racines les plus profondes et enfouies qui permettent à l’arbre de grandir, de prendre une majestueuse hauteur, puis atteindre la maturité. Comme le dit Vander dans l’introduction du livre-disque, à propos des souvenirs de son enfance bienheureuse :  « ...ces sensations que j’ai ressenties à ce moment-là, ce sentiment inexprimable d’évasion et de liberté joyeuse, sont gravés en mon cœur pour toujours. Puissent ces traditions continuer à perpétuer dans nos régions, les rites, les chants et les danses de nos ancêtres…apportant le bonheur et la joie... ». 

Dans ce disque, Christian Vander évoque avec bonheur les fêtes de Noël et de Pâques, et revisite aussi certaines comptines incontournables de l’enfance (J’ai du bon tabac, A la claire fontaine, Dodo l’enfant do), épaulé d’une magistrale manière par ses complices féminines au sein de Magma : Stella VanderIsabelle Feuillebois, mais aussi sa fille Julie Vander. Les morceaux d’une fraîcheur et d’une poésie saisissantes s’enchaînent harmonieusement à la manière d’un concept album. Ici, Vander nous montre une fois de plus sa belle qualité d’écriture, en plus de ses facultés de compositeur. Le morceau que je propose ci-dessous est l’un des plus beaux du disque, et très représentatif de l’ensemble (c’est hélas le seul que j’ai pu trouver sur You Tube).

« Ce disque prétend tenir en éveil la conscience des générations dans le temps. Il est dédié aux enfants ayant souffert, assassinés par la cupidité, le profit et l’égoïsme de « ceux » que nous appellerons :  « les hommes ». Il est mon intime contribution au rétablissement de la vérité et de l’ordre naturel dans le temps. (…) » Christian Vander, 31 octobre 1994.


HYMNE AUX ENFANTS/ZOLAND 

Enfants, enfants du silence
Prenez tous en vous conscience
Réveillez-vous en ce jour
Prolongez l’espoir d’Un jour

Enfants, enfants réveillez-vous
Protégez-nous en ce Jour
Pour la flamme de notre amour
Qui brûle ce soir en vous

Tenez, sentez les étoiles
Mourir en nous chaque jour
Lumineuses, claires et sans voile
Vibrant en ce chant toujours toujours
Toujours…

Marchons, marchons en cadence
Portés, portés vers ce Jour
D’un pas léger, souple et dense
Pour Toujours…

Je suis Christian
Et voici mon nom
« Je suis l’ami des malheureux »
Pour Toujours

+

Prenez en ces lieux sacrés
Le flambeau de vos aînés
Portez-le haut dans les cieux
Plus près encore de Nos Dieux toujours
Toujours… 

Je suis revenu sur la barque du pays d’Alors
Pour Toujours

+

Clochers, tintez, carillonnez !
La vie est entrée en nous
La Nouvelle Époque est née
Pour Toujours…

Mes yeux ont quitté la terre
Déchirant le voile de mon esprit
Mon espoir autrefois balayé par les vents du silence
Trouve aujourd’hui, en vous, sa récompense
Oyez ce qu’ils ont souffert, ils ne demanderont plus rien
Inondant de joie mon beau pays d’Amour
Mes yeux ont quitté la terre, mes larmes ont déchiré le ciel
Pour Toujours

+

Enfants, enfants du silence
Prenez tous en vous conscience
Réveillez-vous en ce Jour
Prolongez l’espoir d’Un jour

Et nous marcherons ensemble
Sans que jamais nos yeux tremblent
Tous enfants de notre amour
Notre Patrie pour Toujours…

…Nous entrons dans la Nouvelle Époque…

Paroles © Christian Vander - 22 et 24 juin 1994



CHRISTIAN VANDER - HYMNE AUX ENFANTS/ZOLAND

Que n’a-t-on pas dit à propos d’Emerson, Lake and Palmer ! Ultra-virtuoses, égos surdimensionnés, démarche prétentieuse, projets pompeux, l’emblématique groupe de rock progressif se partageant les lauriers de la gloire avec ses concurrents de l’époque (les Yes, Genesis, et King Crimson des seventies) ne fut pas épargné par les professionnels les plus acerbes de la critique rock. Qui ne leur pardonnaient pas de mêler des influences classiques à leur musique tout en s’éloignant délibérément des fondamentaux du rock (la spontanéité, la révolte, les frustrations revendiquées, l’électricité à l’état brut en guise « d’art poétique »). 

Sans doute certaines de ces critiques étaient fondées. Bien qu’avec le recul on peut être surpris par ce procès « en illégitimité rock », à propos d’un groupe progressif comme ELP qui, bien plus que tous ses autres concurrents, avait su garder certaines bases du rock des origines dans la structure de sa musique. En effet, combien de digressions boogie-rock dans leurs concerts et leurs albums (le Blues variation de Pictures at an exhibition, le Nutrocker à la fin du même disque, le rock'n'roll très fifties de Are you ready Eddy ? à la fin du deuxième album Tarkus, les multiples variations jazz apparaissant dans beaucoup de leurs compositions), on serait bien en peine de trouver de tels équivalents « rock » chez Yes ou encore Genesis.

KEITH EMERSON, GREG LAKE ET CARL PALMER
Mais, malgré cette virtuosité pompeuse souvent condamnée, le groupe de Keith Emerson disposait quand même d’un atout de taille : la présence du guitariste, bassiste et chanteur Greg Lake, grand mélodiste devant l’éternel, et dont la voix tutoyait souvent les anges. Grâce à son talent de compositeur et son goût pour la musique folk, les disques d’ELP furent parsemés de quelques chansons parmi les plus belles du rock, à l’image de l’emblématique From the beginning (de leur intense quatrième et meilleur album Trilogy), ou encore Lucky man (de leur premier album éponyme).

J’aurais tendance à classer le morceau qui nous occupe, en ce réveillon de Noël 2012, au même niveau que ces dernières. Lorsque Lake compose I believe in Father Christmas, le groupe n’est pas loin de la rupture. Dans un premier temps, la chanson sera insérée dans le Works volume 2 un peu foutraque de 1977 puis, légèrement transformée (avec un ajout de chœurs parfaitement inutile), elle sera proposée en single dans le cadre de la carrière solo du chanteur.



C’est cette version single que je vous propose ci-dessous (celle de l’album Works volume 2 d’ELP - la meilleure selon moi - n’étant hélas pas disponible sur le Net à l’heure où j‘écris ces lignes). Ce qui n’empêchera pas de savourer cette petite merveille, pour laquelle Keith Emerson n’a pas hésité à ajouter une mélodie tirée de La Troïka de Prokofiev, option fort réjouissante. 





Une « chanson de Noël » est en général un exercice de style et une sorte de défi pour tout compositeur, défi que Lake releva avec bonheur.






I BELIEVE IN FATHER CHRISTMAS - GREG LAKE/ELP



L’émouvante chanson de Noël That was the worst Christmas ever ! qui vient clore en douceur cette chronique saisonnière est tirée du coffret 5 disques Songs for Christmas de Sufjan Stevens. En décembre 2006 ce singulier artiste compilait les 42 morceaux de Noël qu’il avait écrits depuis 2001 principalement pour offrir à ses proches. On ne peut que saluer ce projet original riche en émotions et souvenirs d’enfance qui ne fut certainement pas si facile à finaliser. That was the worst Christmas ever ! est à mon avis la meilleure du coffret.

SUFJAN STEVENS

SUFJAN STEVENS - THAT WAS THE WORST CHRISTMAS EVER !



BON RÉVEILLON DE NOËL !


(N’hésitez pas à consulter ma page NOËL PAGANISTE, TOTALEMENT RÉÉCRITE POUR L’OCCASION DE CE NOËL 2012, et disponible sur la barre d’accueil en haut du blog).



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