jeudi 24 mai 2012

More, chef-d'œuvre de Barbet Schroeder. Ce film intimiste devenu culte et sa musique sublime signée Pink floyd restent un témoignage précieux sur l’underground sixties.




C’est à 28 ans que Barbet Schroeder entame le tournage de More, le premier de ses 18 longs-métrages à ce jour. Ce cinéaste français né en 1941 à Téhéran d’un géologue suisse et d’une mère allemande n’est pas pour autant un débutant, ayant déjà fait ses armes en tant que réalisateur avec quelques courts-métrages, mais aussi comme assistant sur Les carabiniers de Jean-Luc Godard, et enfin en tant que fondateur de la société de production Les films du Losange en association avec Eric Rohmer, ami rencontré à la rédaction des Cahiers du cinéma de la grande époque, celle de la nouvelle vague.  Les films du Losange produiront tous les films de Rohmer mais aussi ceux d’amis gravitant plus ou moins autour de la mythique revue jaune : Jacques Rivette, Claude Chabrol, Jean Douchet, Jean Eustache, et plus tard Marguerite Duras, Andrzej Wajda ou Jean Claude Brisseau. Schroeder s’essaye même au jeu d’acteur en 1962 dans le délicieux court-métrage de 26 mn La boulangère de Monceau signé Rohmer (disponible en DVD accompagné du moyen-métrage de 52 mn La carrière de Suzanne, je vous conseille son visionnage).

Partie prenante de la nouvelle vague, la marque de fabrique du cinéma audacieux de ses débuts correspond au cahier des charges et au « catéchisme » communément admis par ses camarades : production en 35 mm quand c'est possible, peu de pellicule utilisée (drastiques économies oblige), postsynchronisation compensant l’absence de son direct, caméra à l’épaule, lumières et décors naturels. Pour son premier long, quelles sont donc les motivations de Schroeder qui le pousse à narrer la relation délétère entre la jeune américaine Estelle Miller (jouée par Mimsy Farmer) et le jeune allemand Stefan Brückner (Klaus Grünberg) ? On pourrait croire que le but premier est la volonté de témoigner de cette génération hippie balbutiante (qui détonne tant dans cette France pompidolienne légèrement étriquée) et au final signifier son fourvoiement. Et c’est en effet ce qu'on a tendance à retenir lorsque l’on visionne l’œuvre de nos jours, alors que cette époque ne cesse de s’éloigner de notre réalité, gagnant en mythes boursouflés ce qu'elle a perdu en véracité factuelle. Pourtant, de l’aveu même du cinéaste, son inspiration était liée à un sujet bien plus personnel qui n’avait pas grand chose à voir à l’origine avec les mouvements sociétaux de nos sociétés occidentales. Fasciné par le personnage éternel de la femme-fatale, Barbet Schroeder désirait en effet travailler sur cette mythologie romanesque et cinématographique et, convaincu qu'il fallait traiter le sujet d’une manière contemporaine en le modernisant, c’était logique qu'il choisisse de mettre en scène les jeunes idéalistes qu'il avait sous les yeux en cette fin des années 60. Des hippies, en l’occurrence. 


33 tours de la BO du film (signée Pink floyd)
Mais en traitant dans son film du mouvement hippie en ces années 1968-1969, Schroeder faisait preuve d’un avant-gardisme assez exceptionnel, car ce mouvement en France n’en était alors qu'à ses balbutiements, contrairement aux États-Unis où il s’était développé depuis plusieurs années. Ce décalage français n’est d’ailleurs pas surprenant. Car il ne faut jamais oublier que notre beau pays, dans son désir constant de vouloir se conformer au modèle américain (depuis fin 1945, en gros), se planta souvent de timing en ayant toujours un train de retard par rapport à son modèle sociétal tant désiré. Ainsi, alors qu'aux USA l’ère des beatniks de la fin des fifties avait fait place dès 1965 à celle des hippies, en France nous en étions encore, en cette fin des sixties, juste à la fin de la période beatnik, décalage oblige. C’est donc les premiers hippies français que l’on voit dans More, captés par la caméra en temps réel, et même plus vrais que nature puisque tous les figurants ou seconds-rôles faisaient partie de la faune qui squattait dans les quartiers branchés du Paris de l’époque, et que la caméra aérienne de Schroeder a su capter. Rien à voir donc avec une quelconque reconstitution un peu bidon comme le 7ème Art en proposera tant dans les années suivantes, de Georges Lautner et ses Quelques messieurs trop tranquilles à Milos Forman et son Hair tourné en pleine époque post-punk, un comble !  Mimsy Farmer, actrice pourtant déjà confirmée, n’a d’ailleurs jamais caché que son personnage Estelle était très proche de ce qu'elle était alors réellement dans la vie. C’est donc une des richesses du film : cette propension à nous proposer une sorte de photographie tout à fait authentique de ce moment si particulier qui peuplera l’imagination de générations suivantes lorsque cette époque révolue deviendra le symbole d’un certain art de vivre au cœur d’une Europe d’abondance. Pourtant Schroeder ne se veut pas didactique sur le sujet (d’ailleurs comment pourrait-il prétendre comprendre et commenter sans erreur un mouvement qui est en train de naître sous ses yeux ?) Aussi, très vite dans l'histoire, le cinéaste se focalise sur la relation intime entre ses deux personnages principaux et c’est ce regard d’anthropologue porté sur eux qui fera la substance de More. Bonne option car c’est souvent par l’étude d’un cas particulier emblématique que l’on peut saisir au mieux un phénomène sociétal complexe, et prétendre alors à l’universel. 


TOUJOURS PLUS  More, donc. Toujours plus. More, ou la tentative d'un jeune idéaliste cultivé venu d’Allemagne qui décide à la fin de ses études de mathématiques de parcourir l’Europe en descendant vers le sud, prêt à être le « Fils du Soleil », dépasser toutes les frontières (extérieures et intimes), et croquer la vie dans l'instant présent en échappant à la morosité d’une société qu'il juge dépassée. À Paris, la providence le place sur la route de la troublante Estelle pour laquelle il va avoir littéralement un coup de foudre. Exacerbation des sentiments, fête des sens, libéralisations à tous les niveaux. La belle va l’entraîner à Ibiza, cette île sauvage des Baléares qui n’était pas encore le repaire affligeant de la faune jet-set et techno qu'elle devint à partir des années 90. Lieu magique encore préservé donc, où se croisent des artistes et marginaux venus des quatre coins du globe, prêts à essayer de vivre d’une autre manière et avec d'autres codes que ceux des sociétés anciennes d'où ils sont issus. Mais Estelle, personnalité torturée, est déjà accroc à diverses drogues douces ou plus dures, dépendances qui l’entraînent vers un abîme sans fond dans lequel son nouvel ami risque lui-aussi d’être emporté. De plus, la jeune américaine cultive une relation ambiguë avec une figure locale de l’île, le mystérieux Ernesto Wolf, compatriote de Stefan, et secrètement ancien officier de la SS. La quête de Stefan, jouissive, ensoleillée et multicolore dans un premier temps, va se transformer inéluctablement en un vaste trou noir dans lequel le jeune rebelle trouvera son destin. 

 



Le personnage de Stefan est attachant. Il est idéaliste, mais aussi pragmatique et lucide, et d’une rigueur bien allemande. Bien loin du cliché baba-cool auquel il ne doit quasiment rien. Cheveux courts, bien élevé, il cherche surtout à briser ses chaînes et se sortir de sa condition de petit-bourgeois en s’approchant le plus possible du soleil, au sens propre comme au figuré, quitte à se brûler les ailes. Dans sa relation avec la jeune junkie il passera par tous les stades de la passion. L’attirance physique puis psychique, la fusion avec l’idéal féminin fantasmé, puis le doute, le manque de confiance, la jalousie comme un poison violent, l’hystérie, la violence et le désespoir, l’ennui et le renoncement. Cette incarnation si réussie doit beaucoup au jeune débutant Klaus Grünberg qui apporte sa fraîcheur à un rôle pas évident. La singularité de cet acteur allemand marque l’imaginaire, et son jeu sobre, sec et efficace, est un atout pour le bon déroulement de la dramaturgie. Quant à Mimsy Farmer, son talent et son magnétisme explosent d’un bout à l’autre du film. La psychologie de son personnage est beaucoup plus trouble que celle de son partenaire. Dès le départ l’on sent une jeune femme douce d’apparence mais à l’esprit torturé, empêtrée dans ses contradictions, et submergée par d’obscurs secrets. La suite de l’intrigue confirmera cette impression, et on aura au final la sensation d’avoir eu à faire non pas à une, mais à deux Estelle totalement différentes : celle du début du film, et celle de la fin. On peut même constater que ce personnage symbolise deux écueils romanesques qui semblent incontournables dans More : premièrement, Estelle la femme fatale classique (et donc vampirique) qui subjuguera Stefan par son attrait sexuel, excitations des sens les plus primitifs auxquelles viendra se greffer la promesse fictive d’un bonheur sans fin offert par la drogue. Deuxièmement, Estelle comme vecteur sournois par lequel la vie prendra finalement sa revanche sur l’outrecuidance coupable de Stefan. La vie, la terrible et pesante vie, celle dont Stefan voulait désespérément s’affranchir sur la route du Sud comme jadis Rimbaud le voyant magnifique, perdu lui aux tréfonds du Harar, ou encore Gauguin l'éternel hédoniste exilé sous les teintes azuréennes des îles marquises.


























La caméra alerte de Schroeder nous rend très vivante cette atmosphère de la France de 1968-69. Son style doit beaucoup à la nouvelle vague dont il est issu, mais le cinéaste apporte sa sensibilité personnelle qui permet un résultat plus riche et attachant que n’importe quel film de Godard. Le montage est très rigoureux, alerte, Schroeder sachant harmonieusement doser les divers éléments de son film. Jamais un plan en trop, jamais non plus de longueurs gratuites qui nuiraient au bon déroulement du récit auquel il est particulièrement attaché. Par moments l’on se croirait presque dans un documentaire. On est entraîné et charmé par le ton très naturaliste du long-métrage. L’authenticité des images et du propos est flagrante. C’est le privilège et l’atout du cinéma d’auteur en général, ce cinéma parfois tant décrié par d’énervés ignorants qui bien souvent en parlent sans vraiment le connaitre. L’image bénéficie d’une très belle photographie, grâce au talent du chef-opérateur Néstor Almendros, déjà remarquable sur le film de Rohmer La collectionneuse en 1967 (œuvre à voir, et ayant d’ailleurs un cousinage esthétique indéniable avec More). Les plans tournés à Ibiza restent inoubliables : ces somptueux couchers de soleil, cette mer indomptée, cette chaleur prégnante s’écrasant sur les paysages rocailleux. Quant à la pittoresque maison qui abrite le couple dans leur périple intérieur, ce n’est pas un simple décor : appartenant à la famille du réalisateur, celui-ci y passa presque l’intégralité de ses vacances d’enfant. Ces lieux, il les connait donc par cœur, jusqu’au moindre rocher. Le mystérieux Wolf ancien SS n’est pas non plus totalement une invention scénaristique mais un élément inspiré de la réalité : Schroeder se rappelle que les voisins proches de sa maison étaient des vétérans nazis qui, en ce début des années 50, recevaient souvent l'audacieux officier SS Otto Skorzeny. Intéressant donc d’apprendre, grâce au film More, qu’Ibiza fut jadis un point de ralliement pour certains nostalgiques du IIIe Reich. Qui l’après-midi refaisaient le monde tout en pratiquant le naturisme sur les vastes rochers du bord de mer, avant d’organiser le soir des réseaux d’entraide d’anciens SS





MORE, FILM INDÉCENT OU MORAL ?  Barbet Schroeder ne se fait pas d’illusions. Depuis qu’il a ce projet en tête, des premières moutures de son scénario jusqu’à l’acte final du tournage sur pellicule, il sait que son film posera des problèmes aux incontournables censeurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que More sera une coproduction franco-espagnolo-luxembourgeoise, seule manière pour le cinéaste d’éviter une censure définitive et massive du seul état français. Le ton de l’œuvre est très libre, sans véritable tabou. Du point de vue de la représentation du sexe à l’écran l’entreprise reste toutefois relativement sage. Le réalisateur élude des scènes qui de nos jours feraient l’objet d’un traitement frontal et très cru. Si l’on voit à plusieurs reprises l’anatomie de Mimsy Farmer, la chose est abordée sans vulgarité aucune. On voit aussi Klaus Grünberg nu sur les rochers d’Ibiza ou dans leur nid d’amour isolé. D’après Gérard Lenne (auteur du remarquable livre d’art Érotisme et cinéma aux Éditions de la Musardine) c’est la première fois dans l’histoire du 7ème art que l’on voit ainsi des organes génitaux masculin non censurés (même si on les aperçoit de loin, et au repos, si j’ose dire). Mais jamais d’excès de la part du cinéaste, juste ce qu'il faut pour rendre le long-métrage cohérent. On aurait en effet mal compris un film totalement chaste et dénué de scènes de nus alors qu'il narre le parcours d’un couple de jeunes hippies dont le désir principal est de se libérer du carcan de leur éducation pudibonde en approchant notamment la philosophie du naturisme et du bouddhisme. Et puis il y a les fameuses scènes concernant les substances illicites. C’est là que le film se montre le plus audacieux. On y voit en gros plan de multiples prises de drogues, du haschich au LSD en passant par les piqûres d’héroïne. Le tout traité avec imagination et un esthétisme psychédélique particulièrement efficace et poétique. Il n’a jamais été question pour Barbet Schroeder d’éviter ces scènes. On est à l’aube des années 70, les mœurs évoluent, et le cinéaste pense que la société est assez mature pour regarder les choses en face. Présenté au festival de Cannes en mai 1969 dans le cadre de La semaine de la critique le film fait sensation mais des professionnels de la profession avisés confirment au réalisateur que les problèmes de censure vont venir.





Pragmatique, Schroeder décide d'accepter la proposition très juteuse d’un distributeur américain qui offre une grosse somme en dollars pour l’autorisation de diffusion du film aux USA, sûr de son succès auprès du jeune public des campus. Le film sort le 4 août 1969 à New York, puis est diffusé un peu partout dans le pays. Mais le public américain suit moyennement, rebuté notamment, selon l’avis de Schroeder lui-même, par l’origine allemande du personnage principal, et son accent qui ne passe pas ! Suite à ces désillusions, More sort finalement le 21 octobre 1969 en France où rapidement il est victime de plaintes puis des foudres de la censure. On lui reproche les scènes de drogues, mais aussi des gros mots tels que « shit ! » (eh oui !), et bien sûr certaines scènes de nudité. A l’aube des années 70 donc, la censure est encore très sévère en France. Elle l’est encore aujourd'hui d’ailleurs, quand on constate que les coupes sonores imposées à l’époque sur la scène du cocktail des pilules « de toutes les couleurs » sont toujours présentes hélas, même sur cette copie récente remastérisée pour le DVD !

Haydée Politoff dans La collectionneuse d'Eric Rohmer
More n’est pas le seul film de l’époque à avoir été victime de répression. Il faut se souvenir que le très littéraire La collectionneuse écopa pour sa sortie en 1967 d’une interdiction aux moins de 18 ans ! Or toutes les personnes qui ont vu ce film d’Eric Rohmer seront d’accord pour reconnaître qu’il n’y a rien de répréhensible (malgré un titre qui pourrait faire croire à un mauvais porno des années 70). Aucune scène d’amour explicite, pas de nudité. Apparemment on reproche juste à l’actrice Haydée Politoff d’incarner une jeune femme un peu trop moderne pour l’époque. Reproche valable aussi pour les deux protagonistes de More. Pourtant, avec le recul bénéfique du temps, il faut bien reconnaître que le long-métrage de Barbet Schroeder ne peut être suspecté de la moindre complaisance vis-à-vis du sujet qu’il filme. Est-ce finalement une apologie de la drogue ? Evidemment non, le scénario est même catégorique sur ce point : lorsque l’on voit l’histoire dans sa finalité on imagine mal que des spectateurs puissent avoir l’envie de vivre ce qui vient d’être décrit à l’écran du point de vue des substances illicites. L’auteur montre clairement l’impasse sordide et définitive où mène toutes dépendances aux drogues. D'une certaine manière il est même pédagogique sur ce point. Loin d’être un film provocateur ou indécent More apparaît donc comme un film moral, même s’il respecte le libre-arbitre du spectateur. Et c’est tout à l’honneur de Schroeder de ne pas prendre son public pour un amas d’imbéciles. 

Pink Floyd en 1969
UNE BO EXCEPTIONNELLE SIGNÉE PINK FLOYD  More fut un film familier pour beaucoup de gens qui ne l’avaient pourtant jamais vu. Ce fut notamment mon cas lors de mon adolescence à la fin des années 70. Ce paradoxe vient de la bande musicale du long-métrage signée Pink floyd qui fit l’objet d’un disque extrêmement populaire. Un LP bien plus massivement écouté que le film ne fut vu. Schroeder, lors de l’élaboration de son projet, était à la recherche d’un rock-band qui collerait bien à la génération décrite dans son film. Etant lui-même fan du groupe il lui sembla évident que le choix devait être celui-là. Il se déplaça à Londres pour rencontrer les quatre hirsutes afin de leur demander des morceaux qui pourraient s’insérer harmonieusement dans les différentes scènes. Les musiciens furent très motivés par ce challenge inattendu et travaillèrent intensément pendant une semaine, écrivant au final treize morceaux qui constituèrent la substance de leur troisième album au succès sans précédent (avant celui d’Ummagumma, et plus tard celui de Dark side of the moon). Quand on l’écoute encore aujourd’hui on est frappé par la richesse des compositions et leur diversité. C’est peut-être l’album le plus varié des Pink floyd tant il définit l’étendue de ce qu’ils savent faire : des ballades acoustiques mélodieuses (Cirrus minor, Crying song, Green is the colour, le magistral Cymbaline), des morceaux passionnants de pur hard rock, les plus violents de toute l’histoire du groupe (The nile song, Ibiza bar), en passant par des instrumentaux psychédéliques habités (Up the khyber, Party sequence, l’hypnotique Main theme, More blues, Quicksilver, Spanish piece, Dramatic theme). Fiers du succès artistique et commercial issu de leur collaboration avec Barbet Schroeder, les quatre anglais accepteront à nouveau en 1972 d’assurer la musique d’un autre long-métrage du réalisateur (La vallée), ce qui donnera l’album Obscured by clouds pour un résultat nettement moins convainquant, autant pour le film que pour le disque. Personnellement, More est mon Pink floyd préféré avec Ummagumma, Meddle et The Piper at the Gates of Dawn. Pendant mes années d’adolescence j’ai écouté ce disque en rêvant de ce film mystérieux que personne autour de moi n’avait vu et pour lequel je n’avais aucune information. Juste cette photo psychédélique de la pochette recto montrant un mystérieux moulin et cette silhouette d’homme qui semblait l’attaquer (référence bienheureuse à Cervantès et son Don Quichotte), puis celle au verso en noir et blanc avec ce couple en contre-jour en train de méditer. Je me souviens encore de ma joie lorsque More sortit enfin en DVD dans une copie remastérisée, et mon émotion contenue lors de son visionnage, lorsque les premières images s’affichèrent sur mon écran. Depuis, cette œuvre ne m’a plus quitté.

Tout cinéphile ne peut qu’être éternellement redevable au cinéaste Barbet Schroeder de nous avoir offert ce film si percutant et crucial à une époque où rien ne laissait supposer un tel don, tant il était difficile de monter de tels projets, et encore plus ardu de les mener à leur terme avec le budget et les moyens techniques limités propres au cinéma indépendant de l’époque.

LES DIFFÉRENTES ÉDITIONS DU FILM SUR SUPPORT NUMÉRIQUE  La première édition en DVD évoquée ici fut proposée par Warner Vision France en 2002 (voir la photo 1 plus bas). Elle est globalement de qualité, avec une image plus que correcte, bien qu’apparaissant réduite hélas sur un écran haute-définition en 1920x1080 (problème insoluble inhérent à certaines éditions de films anciens et dont je ne connais pas la cause technique. Peut-être est-ce format 4/3 imposé, alors que la plupart des autres films tournés en 1.66:1 et transposés sur support DVD ne posent pas de problèmes sur un écran large haute-définition, à part la subsistance de deux petites bandes noires à droite et gauche, ce qui n’est pas la même chose que le casse-tête rencontré ici). La piste audio originale mono peut être lue en Dolby Digital 2.0 mais aussi en Dolby Digital 5.1 (spatialisation peu convaincante, les deux voies surround étant rarement sollicitées). Les sous-titres sont en français. Les bonus n’ont pas de rapport direct avec le long-métrage, à part la bande annonce (une biographie du réalisateur, un court-métrage d’époque inédit, un chapitrage par thèmes musicaux qui fait office de gadget, et une galerie photo sans grand intérêt). 

Restant un peu sur ma faim, j’espérais une nouvelle édition future ayant résolu le problème de format d’image. C’est finalement M6 Vidéo qui sortit en 2008 cette nouvelle version DVD (voir la photo 2 plus bas), proposant hélas un master et format d'image identiques. Seule la partie bonus rendait utile l’achat de ce nouveau DVD avec, en complément de la galerie photo et du court-métrage déjà présents sur l’édition précédente, une interview exclusive de Barbet Schroeder revenant sur la genèse du film. 

Arrivé à l’ère du Bluray, j’attendais avec impatience la version haute-définition du film avec le problème d’image résolu. Ce petit bijou vit enfin le jour en 2011, mais hélas dans un autre pays, à savoir chez l’éditeur anglais BFI qui proposa à la vente un combo DVD+Bluray avec le film au bon format (apparaissant sur toute la surface de l’écran sans quasiment aucune perte d’image) et totalement restauré et remastérisé (sons et images) à partir du négatif original 35mm, pour un nouveau master approuvé par Barbet Schroeder lui-même. Le must, donc (voir la photo 3 plus bas). La différence avec le DVD français est saisissante. Hélas, les deux disques ne proposent aucuns sous-titres français. Le Bluray BD50 contient une piste audio PCM mono (48K/16-bit) et le DVD un Dolby Digital mono (320 kbps). Quelques bonus supplémentaires (documentaire de 17 minutes et beau livret notamment) accompagnent le tout pour une édition de haute volée qu’on aurait aimé trouver en France. Mais, comme souvent, notre pays est à la traîne. Chose d’autant plus condamnable concernant ce film exceptionnel (et somme toute français). Heureusement, ce combo est facilement trouvable en import sur différents sites d’achats en ligne. En attendant le Bluray français qui viendra bien un jour, je me réjouis que More soit déjà disponible sur ce support fiable de haute technologie. Accédant donc à l’éternité. Et accessible aux générations futures.




MORE
Réalisation : Barbet Schroeder
Avec Mimsy Farmer, Klaus Grünberg, Henry Wolf, Heinz Engelmann, Michel Chanderli, Louise Wink, George Montant 
Scénario : Barbet Schroeder, Paul Gegauff et Eugène Archer
Photographie : Néstor Almendros 
Montage : Denise de Casabianca et Rita Roland
Musique : Pink floyd
France
Durée : 1H52mn 
Sortie cinéma : 21 octobre 1969
Disponible en DVD zone 2 depuis juin 2002


                                             LA BANDE ANNONCE OFFICIELLE (NON REMASTÉRISÉE)

 UN EXTRAIT DU FILM (DE 6 MINUTES) SUR CYMBALINE DES PINK FLOYD




QUE SONT-ILS DEVENUS ?

Après cette réussite artistique majeure, Barbet Schroeder revint au format court avec Maquillages (en bonus sur l’édition DVD de More). Son deuxième long La vallée fut moins réussi selon moi. Après un documentaire polémique sur le Général Idi Amin Dada en 1974, Schroeder revint au cinéma audacieux l'année suivante en signant Maîtresse avec comme premiers rôles Gérard Depardieu et Bulle Ogier en adeptes du sadomasochisme. Avec Barfly (sur l’écrivain Charles Bukowski) Schroeder entame en 1987 sa carrière américaine en s’exilant là-bas. Choix cohérent compte-tenu des déclarations qu'il a toujours faites concernant Hollywood, le cinéaste ayant toujours préféré le cinéma américain à tous les autres. Incompréhensible à mes yeux, mais personne n’est parfait. Mal lui en a pris, vu le niveau très décevant des films qu'il a réalisés depuis, hormis La vierge des tueurs en 2000 sur la mafia en Colombie. Il s'apprête à retourner en septembre prochain dans la maison d'Ibiza (43 ans après More !) pour réaliser Deutschland ma douleur avec Marthe Keller.


Mimsy Farmer enchaîna en 1971 le long-métrage de George Lautner La route de Salina (où le réalisateur des Tontons flingueurs chercha astucieusement à reproduire le type de femme fatale hippie qu'elle incarnait dans More). Après une apparition remarquée en 1973 dans le film de José Giovanni Deux hommes dans la ville (avec Jean Gabin et Alain Delon) elle interpréta le premier rôle féminin inoubliable de La traque de Serge Leroy deux ans plus tard où elle émeut avec le personnage d'une femme violée et traquée par des notables venus s’encanailler lors d’une chasse à la campagne. Un petit chef-d’œuvre français des années 70 particulièrement intelligent, désespéré, et éprouvant. Après quelques autres films dont Rêve de singe de Marco Ferreri elle mettra fin à sa carrière d’actrice en 1992 pour se consacrer à la peinture et à la sculpture de décors de cinéma et de théâtre.


Klaus Grunberg a continué sa carrière principalement en Allemagne où il a joué dans une dizaine de films, puis s’est tourné vers l’écriture de scénarios pour une vingtaine de créations télévisuelles.










[POUR INFO : TOUTES LES PHOTOS DU FILM PUBLIÉES SUR CETTE PAGE SONT ISSUES DE CAPTURES D'ECRAN RÉALISÉES PAR MOI-MÊME À PARTIR DE MON EXEMPLAIRE PERSONNEL DU DVD MORE.]



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BONUS

INTERVIEW DE BARBET SCHROEDER

Réalisée par Philippe Paringaux à propos de la sortie du film. Publiée en septembre 1969 dans le numéro 32 de Rock & Folk. 

Un appartement, rue Jean-Goujon. Barbet Schroeder, accroupi sur un lit, enveloppé dans un kimono noir. Jeune, grand, longs cheveux et barbe blonde, calme aussi, avec un rien de bonté dans l’œil. Une discothèque pop bien fournie, une photo de John Mayall accrochée au mur (découpée dans Rock & Folk). « Rock & Folk, ça m’intéresse. Le public que touche la revue. C’est important pour moi qu'il sache ce que signifie mon film. » 

Rock & Folk : « Justement, j’ai bien peur que votre film ne soit très mal interprété par les gens qui le verront. Les adultes surtout. J’ai peur qu’ils n’y voient que ce qu’ils veulent y voir, et qu’ils s’empressent d’assimiler vos héros à l’ensemble de la jeunesse. »

Barbet Schroeder : « Ce n’est ni un film sur la drogue, ni un film sur la jeunesse. Moi aussi, j’ai peur que ce film serve de prétexte à une quelconque répression. Le seul moyen que j’ai de m’expliquer, c’est de donner des interviews, beaucoup Une œuvre d’art doit être jugée par elle-même. Devrait… Non, mon film est l’histoire d’une passion dans laquelle l’un des partenaires est incapable d’aimer puisque sa passion n’est qu’une projection de lui-même. Quand deux personnes s’aiment, l’une aime toujours plus que l’autre. » 

Rock & Folk : « Pourquoi la drogue ? »

Barbet Schroeder : « La drogue n’intervient que comme élément de destruction. J’ai essayé de raconter de la façon la plus vraie possible une histoire de drogue. Je ne suis pas contre la drogue, je ne ferais jamais un film contre quelque chose, mais il est inconcevable de faire un film pour l’héroïne. Un film objectif ne peut être que contre cela, ou alors c’est une apologie du suicide. L’héroïne est un voyage de mort. » 

Rock & Folk : « Est-ce un film autobiographique ? »

Barbet Schroeder : « Pas tout à fait, non, mais un auteur se retrouve toujours plus ou moins dans les personnages. J’ai eu l’idée de ce film il y a quatre ou cinq ans, lorsqu’une histoire analogue est arrivée. J’ai été terrifié et fasciné à la fois par l’histoire de ce garçon détruit par une fille. La drogue est simplement le moyen, un moyen qui représente très bien une idée vampirique moderne. Mais, oui, je suis un peu dans le personnage de Stefan. Là-dessus, j’ai construit mon film. C’est un pari, en quelque sorte: montrer deux personnages pris dans quelque chose de subjectif, la drogue, sans jamais m’éloigner de la réalité la plus terre-à-terre. Ainsi, pour le voyage au LSD, je ne montre que des choses existantes, réelles, palpables, déformées par l’effet de la drogue. Quand on prend du LSD, on voit les choses transfigurées, on ne voit pas des fantômes. » 

Rock & Folk : « Vos héros ? »

Barbet Schroeder : « Stefan est un Allemand, prédisposé à la folie de l’inconscient et qui, en même temps, met tout en équations. J’ai retrouvé dans Carl Jung un passage sur l’âme, qui explique bien la démarche psychologique de Stephan : “En général, pour les hommes, l’inconscient représente l’âme sous figure de femme… Chaque fois qu’il y a entre les sexes un rapport absolu, d’effet pour ainsi dire magique, nous sommes en présence d’une projection de l’image de l’âme… Il faut donc penser que l’âme est souvent inconsciente, autrement dit que beaucoup d’êtres n’ont point conscience de l’attitude qu’ils prennent en face des processus psychiques internes.” Voilà, mon héros a trouvé une femme qui incarnait son âme et son inconscient, qui était la cristallisation d’un phénomène intérieur. Il a commencé de mourir la première fois qu’il a fait l’amour avec elle. Elle c’est la femme mystérieuse type. Je la regarde d’un point de vue masculin, je n’en sais pas plus que Stefan sur elle. » 

Barbet Schroeder repose le livre. Un hippie anglais entre, chevelu, bronzé. Il vient de loin. Il s’accroupit près du pick-up. 

Rock & Folk : « Votre film n’est pas non plus un film sur les hippies. Il y en a cependant, dans certaines séquences, à Ibiza. »

Barbet Schroeder : « Je voudrais d’abord souligner que j’ai essayé, tout au long du film, et d’une manière quasi-didactique, d’expliquer les différences entre les drogues, toutes les nuances. Je sais que nombre de gens confondent marijuana et héroïne, j’ai fait mon possible pour montrer que ce n’est pas du tout, vraiment pas la même chose. J’ai même rajouté quelques passages pour être sûr qu’il n’y aura pas de confusion possible, même pour les gens moins avertis.
Les hippies ? Il y en a, à Ibiza, des vrais et des faux. J’ai situé mon film là-bas parce que tout y est beau. Ce même film, en noir et blanc et dans des endroits sordides eût été insoutenable. Là, dans la beauté des paysages, il perd de son caractère inquiétant. Je suis intéressé par la philosophie des hippies, mais j’ai trop le goût du tragique, de l’inquiétant et de la réalité pour l’adopter complètement. De toute façon, je ne veux m’intégrer à aucun mouvement. Beaucoup de hippies vivent dans un rêve où tout est beau. En fait, ce qui m’intéresse, c’est la démarche qu’ils font pour arriver à cette harmonie. Je suis d’accord quand les hippies détruisent tout un tas de préjugés pour arriver à l’essentiel de l’homme, mais je ne pourrai pas vivre dans leur monde de rêves. » 

Rock & Folk : « La musique maintenant. »

Barbet Schroeder : « Les Pink Floyd m’ont fait une musique absolument idéale. Je leur ai montré le film et leur ai demandé une musique qui soit en situation, sans leur donner aucune directive. Ils ont trouvé un élément magique étonnant, et surtout le sens de l’espace. C’est vraiment une musique, bien plus que de simples chansons. À tel point que souvent j’ai dû en baisser le volume car la qualité de la musique détruisait littéralement certaines scènes. Souvent, la musique sert à faire avaler certaines faiblesses, ce n’est pas le cas dans More. Pour l’enregistrement, les Pink Floyd composaient leur musique l’après-midi, en revoyant le film, puis enregistraient le soir, cinq jours de suite entre minuit et neuf heures du matin, sur un magnétophone à seize pistes. Le type du studio m’a dit qu’il n’avait jamais vu des musiciens aussi consciencieux ! » 

Rock & Folk : « Je pense à la mort de Stefan, et à celle de Brian Jones… »

Barbet Schroeder : « Ce n’est pas la même chose, je crois. Brian Jones avait tout brûlé et se retrouvait en face de l’inquiétude. Il était en plein dans le mouvement, à l’avant-garde, c’est une victime des premières lignes, en quelque sorte. Aura-t-il des suiveurs ? J’avoue que cela m’inquiète. Stefan, lui, n’est ni un hippie ni un personnage du monde pop. Le seul rapprochement que l’on puisse faire entre les deux morts, c’est leur ambiguïté. Stefan a tout perdu, et sa mort est ce que l’on appelle un accident suicidaire. Pour Brian Jones je ne sais pas. Peut-être est-ce la même chose ? ».






15 commentaires:

Michel Blais a dit…

Merci beaucoup pour cette superbe critique et analyse du film "More". C'est de loin le meilleur texte que j'ai eu l'occasion de lire sur le sujet. Je crois que c'est un film extrêmement sous-estimé qui mérite une relecture de la part des cinéphiles.

Christian Larcheron a dit…

Bonjour et merci pour votre sympathique passage sur ce site.

L’élaboration de ce genre d’article prend beaucoup de temps et d’énergie et, goutte d’eau dans l’océan de la blogosphère, on se demande parfois si cela vaut la peine. Le plaisir de lire votre commentaire me récompense amplement.

Concernant More, on peut espérer que cette splendide édition DVD immortalisant le film amènera à lui de nouvelles générations de spectateurs avides de cinéma enrichissant.

Alain Le Borgne a dit…

Cette critique du film est la meilleure que j'aie lu jusqu'à présent.
La seule chose que je peux ajouter c'est que le film contenait une saynète qui montrait des hippies en train de regarder leurs photos d'etudiants sages et la différence était incroyable avec ce qu'ils étaient devenus. Inéluctablement les hippies se rapprochaient de l'aspect du clochard.

Christian Larcheron a dit…

Oui, avec le recul on se rend compte que le destin final des hippies ne pouvait être que la déchéance, causée par l’abus et la dépendance des drogues, et par la précarisation de leur vie sans attaches ni protections sociales. Le beau rêve de vivre heureux et libéré de tout, comme certains hindous en Inde, n’était pas viable au cœur de la dure civilisation occidentale.

Concernant la saynète que vous évoquez, je suppose que vous voulez parler de celle où Charlie, l’ami français de Stefan, dépouille les portefeuilles durant la fête organisée par un hippie dans son appartement parisien, et tombe sur la photo de la carte d’identité d’Estelle où elle ressemble à une étudiante de bonne famille… C’est vrai qu’il y a un contraste. Mais je trouve que l’aspect « clochard » est plus évident encore lors des scènes de rue dans Paris au début du film, où la faune des junkies est regroupée sur le trottoir. Ou encore dans certaines scènes de la fin à Ibiza, où Stefan et Estelle sont considérés par les nouveaux touristes « comme des parias dans cette micro-société… », comme le dit Stefan.

En tout cas ce film est vraiment un chef-d’œuvre.

Alain Le Borgne a dit…

En fait la saynète dont je parle se déroulait à la fin du film avec le commentaire de Stefan en voix off. Elle était filmée à la terasse d'un café près du port, les figurants devaient être de vrais hippies , c'est peut-être à leur demande que la scène a disparu.

Alain Le Borgne a dit…

Votre critique est la meilleure que j'ai lue. Je pense que vous avez revu le film plusieurs fois. En fait la saynète dont je parle était mineure et elle a disparu peut-être parce qu'elle mettait en scène de vrai hippies qui montraient leur dérive. Je pense que la scène se déroulait à la terrasse d'un café sur le port d'Ibiza à la fin du film lorsque le couple erre en parias de cette micro société.

Christian Larcheron a dit…

En fait la scène qui se déroule à la terrasse d'un café en fin de film (avec le commentaire de Stefan) n'a pas été coupée dans cette copie remastérisée qui est présentée sur le DVD. Mais il n'y a pas d’échanges de photos. Du reste, comme je le soulignais dans mon article, beaucoup de figurants hippies apparaissent au cours du film en jouant leur propre rôle. Je doute que certains aient voulu ne pas y figurer après coup en exigeant des coupes. En tout cas, à ma connaissance, Schroeder n'a jamais mentionné ce détail.

Merci du passage en tout cas.

Jean-Jacques Saussey a dit…

Hippies ou pas, faire des généralités prouvent le manque de nuances,signes de la présence d'un esprit lucide et subtil, tous sommes embarqués dans une civilisation délirante qui occulte le comment certains réussissent. La réalité pure et dure montre un monde immature, voué à disparaitre tant la corruption a infiltré nos sens.

Christian Larcheron a dit…

Triste monde dans lequel nous vivons, en effet. Les temps futurs nous apparaissent bien obscurs...

Anonyme a dit…

Très beau site merci pour votre analyse. J'ai connu le film More en 1990, je suis devenu amoureux de Mimsy. J'ai fait mon "pèlerinage" en Inde et Ibiza à la même période, entrecoupé de Rave Parties tendance Trance, musique héritière des Floyd à mon avis. Les excès de drogue en tout genre jusqu'à finir héroïnomane, point de non retour. Ce que j'ai vécu je le ressens dans le film More: même culte païen, besoin de recherche du point limite, un certain romantisme. Tout est dit lorsque Stephan dit dans le film : " les gens ne comprennent pas l'esprit germanique, sans tragédie point de salut"

Christian Larcheron a dit…

Merci pour votre passage et votre témoignage. J’espère que vous vous êtes définitivement sorti des drogues car ça doit vraiment être l'enfer d'y être accro. Si j'en crois certaines enquêtes elles sont de plus en plus utilisées par les jeunes générations, avec un état d'esprit négatif et destructeur (pas de quête de soi et de romantisme, le but recherché étant de se perdre en essayant d'effacer la triste réalité de notre époque).
13 mars 2016 à 21:20
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Unknown a dit…

Bonjour,
Excellent article !
Sait-on dans quel bar parisien sont tournés les scènes ?

Christian Larcheron a dit…

Bonjour et merci du passage. Je ne sais pas de quel bar il s'agit. Du reste, existe-t-il toujours vu que le tournage du film remonte à l'année 1969, soit 47 ans ? On peut aussi supposer, s'il existe toujours, que le nom a changé.

Phil a dit…

Excellente analyse, merci. Savez-vous combien de temps a duré le tournage ? cuieux de savoir le nombre de scènes spontanées ou jamais retournées. Il semble que les premiers mouvements d'un cinéaste débutant soient une assurance de qualité. Cinéma, alchimie à rebours ?

Christian Larcheron a dit…

Merci du passage. Non je ne sais pas exactement la durée du tournage, durant lequel il est vrai que l’improvisation des acteurs tenait une bonne place, surtout concernant Mimsy Farmer. Peu de rushes non utilisés, vu la méthode de travail du réalisateur à l'époque, et le budget très limité. Chaque première prise était probablement la bonne...
Les premiers mouvements, assurance de qualité ? Oui, c'est vrai pour le cinéma mais aussi pour beaucoup d'autres domaines artistiques, je pense notamment à la musique rock... Il n'est pas rare que les meilleurs albums d'un groupe soient les premiers...