mercredi 24 décembre 2014

LE JOURNAL DE TINTIN N°530 SPÉCIAL NOËL DU 18 DÉCEMBRE 1958 + 6 VIDÉOS : Premier réveillon de Noël des Trente Glorieuses en 1945 + Noël 1945, film amateur + Les secrets du Père Noël en 1957 + Veillée de Noël chez un petit rat de l’Opéra en 1954 + Les vitrines de Noël à Paris avec Jean Carmet en 1951 + La préparation du Jour de l’An chez Simone Garnier en décembre 1966 (Les Trente Glorieuses - Segment 7).


JOYEUX RÉVEILLON DE NOËL 2014 !





Il suffit de se replonger dans l’histoire des deux meilleurs hebdos BD de langue française en comparant les créations qui y virent le jour pour constater que celui à l’effigie de Tintin fut de tout temps bien plus riche en propositions originales et qualitatives que son concurrent le Journal de Spirou. La figure incontournable de Tintin était un atout indéniable, lui apportant son prestige et une certaine légitimité en tant que leader de la presse BD (tous les albums de Tintin à partir de Tintin au pays de l'or noir en 1948 ont paru en exclusivité dans le journal). Et le parfait mélange entre humour et créations plus réalistes en faisait toute sa qualité. Si le Journal de Spirou se permettait lui aussi de publier certaines séries au dessin réaliste, d’une importance mineure pour la plupart (Timour, Jerry Spring, Marc Dacier, Buck Danny) celles-ci faisaient quand même figures d’exception, le cœur du journal restant dans le registre de la fantaisie et du dessin « à gros nez » (Gaston Lagaffe, Les Tuniques bleues, etc). 

EH ! LÀ, C'EST RÉVEILLON, MAIS
MOLLO SUR LE CHAMPAGNE !
Il faut se rappeler que c’est dans le Journal de Tintin que naquirent des séries réalistes majeures telles que Jonathan, Jugurtha, Thorgal, Alix, Bernard Prince, Buddy Longway, Comanche, Rork, Simon du fleuve (et j’en passe). Pour autant, l’offre en humour restait haut-de-gamme (Modeste et Pompon, Achille Talon, Robin Dubois, Taka Takata, Cubitus, Chick Bill, Martin Milan). Lire une série aussi profonde que Jonathan dans les pages d’un hebdo pour la jeunesse comme le Journal de Tintin en dit long sur le potentiel de richesse éditoriale qui était l’apanage de la revue et qui en faisait son succès. Pourtant c’est un fait : le Journal de Tintin n’existe plus depuis le 29 novembre 1988 alors que le Journal de Spirou vient de fêter le 10 décembre dernier son 4000e numéro (un record historique dans le secteur de la presse). Que s’est-il donc passé jadis qui explique que les lecteurs du Journal de Tintin l’aient soudainement déserté, là où les fans du Journal de Spirou surent rester fidèles à leur hebdo préféré ?

La raison ? Elle fait froid dans le dos, tellement elle apparaît absurde et arbitraire. Et les lecteurs n’y sont pour rien ! Le Journal de Tintin n’a en effet jamais été victime d’un abandon progressif de son lectorat, ni d’une mauvaise gestion financière, encore moins d’un tarissement de sa qualité intrinsèque. Mais simplement victime d’une décision incroyable venant des ayant droits de l’œuvre d’Hergé ! En effet, les héritiers du génial artiste belge décidèrent en 1988 de reprendre le nom de Tintin aux éditions du Lombard (qui diffusaient le journal) afin de lancer leur propre titre, un magazine plus axé sur le rédactionnel. Ainsi, du jour au lendemain, la formidable aventure du Journal de Tintin qui durait glorieusement depuis 42 années s’interrompit tristement, sans que l’équipe rédactionnelle qui construisait le journal depuis tout ce temps ne puisse rien y faire. Voilà comment on peut tuer, arbitrairement et sans scrupules, le meilleur hebdomadaire de bande dessinée de l’histoire, alors en pleine santé. En deux temps trois mouvements et dans l’absurdité la plus complète. 

Avec la franchise « Tintin » récupérée, les héritiers lancèrent en décembre 1988 leur nouvel hebdo nommé Tintin reporter, très mal conçu par une équipe d’amateurs, et qui ne dura que 6 mois (tout en générant des pertes de plus de 3 millions d’euros selon Hugues Dayes, journaliste à la rédaction du Journal de Spirou). Fin de l’histoire du pitoyable magazine Tintin reporter. On l’aura compris : sans cette décision ubuesque et assez scandaleuse, il ne fait aucun doute que le Journal de Tintin existerait toujours de nos jours, plus éclatant que jamais. Éternel concurrent du Journal de Spirou. Depuis, les ayants-droit ont encore fait pire en accordant les droits d’exploitation au requin Steven Spielberg (sans doute l’un des plus minables et consternants réalisateurs de toute l’histoire du cinéma), ce dernier ne se gênant alors pas pour profaner l’admirable œuvre d’Hergé avec ses insipides films d’animation. Heureusement, on peut toujours se retourner sur les albums de Tintin où l’excellence et l’état d’esprit resteront intacts pour toujours.

Pour fêter sur le blog ce réveillon 2014 j’ai souhaité revenir sur un numéro de Noël des Trente Glorieuses emblématique du journal (comme je l'avais fait l'an dernier, mais pour le Journal de Spirou). Avec le désir de mettre en valeur sa belle couverture signée Hergé, ainsi que quelques pages attendrissantes ou cocasses, dont une planche de Modeste et Pompon signée Franquin (excusez du peu !) ou encore Alix de Jacques Martin et Blake et Mortimer de E.P. Jacobs (via des scan en haute définition réalisés par mes soins d’après mon exemplaire personnel)

Comme l’année dernière, pour cette même thématique de Noël, j’ai mélangé mes scan à quelques courts documents INA qui nous feront revivre d’une manière ludique ou légère l’essence des Trente Glorieuses. Gageons que cette France d’avant qui renaîtra sous nos yeux par la magie de la chose filmée saura nous faire oublier pour quelques instants la tragique réalité de la France d’aujourd’hui.

Ce texte est une version remaniée d'un paragraphe issu de mon article-fleuve consacré aux 40 ans de l'âge d'or du Journal de Spirou (1938-1978)



16 PAGES DU JOURNAL DE TINTIN N°530 (NOËL 1958)
 + 6 VIDÉOS INA 1945-1966


MERVEILLEUSE COUVERTURE D'HERGÉ QUI SAISIT BIEN LÀ L'ESPRIT DE NOËL





UN MODESTE ET POMPON SIGNÉ FRANQUIN ! 

C'est le premier Noël des Trente Glorieuses. Ok, en 1945 il restait beaucoup à reconstruire mais l'espoir était là !

BLAKE ET MORTIMER DANS SOS MÉTÉORES


Promenade dans Paris et Noël en famille en 1945 (DOCUMENT AMATEUR FASCINANT)

Les secrets du Père Noël en décembre 1957





La veillée de Noël 1954 chez un petit rat de l'Opéra (Madame de Sanois). Extrait.



ALIX DANS LA GRIFFE NOIRE PAR JACQUES MARTIN

Les vitrines de Noël à Paris avec Jean Carmet en 1951

PREMIÈRE PUBLICATION DE TINTIN AU TIBET DANS LE JOURNAL DE TINTIN (EN 1958 !)

La préparation du réveillon du jour de l'an chez Simone Garnier en décembre 1966 (INDISPENSABLE !!!)



BONNES FÊTES DE FIN D’ANNÉE AUX LECTEURS DU BLOG ET À BIENTÔT EN JANVIER 2015 !


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