Le cinquième opus du maître japonais Kohei Oguri fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs lors du Festival de Cannes 2005, quinze années après son Grand Prix du Jury et Prix de la Critique internationale pour L'aiguillon de la mort, et vingt-quatre ans après sa première œuvre Doro no kawa. Ce fut donc un événement impliquant une succession d'hommages mérités que le cinéaste âgé de 60 ans apprécia à sa juste valeur.
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| KOHEI OGURI |
Dans l'histoire qui nous est contée, plusieurs personnages se retrouvent en interaction dans une petite ville cernée de montagnes. Notamment trois adolescentes qui régulièrement s'amusent à imaginer des situations et individus cocasses propices aux rêveries. Ces rêveries prennent-elles parfois vie sur l'écran, à notre insu, ou est-ce la réalité qui nous est proposée ? Quelle est ici la part des fantasmes et du réel ? Et pour quelle finalité cette galerie d'individualités prenant corps sous nos yeux et peuplant la petite ville paisible ? Dans quel but, ces existences banales, plus ou moins écrasées sous le poids des réalités et du destin arbitraire, si ce n'est un jour de parvenir à rentrer dans cette forêt ensevelie il y a 3800 ans suite à l'éruption d'un volcan, et qui finalement ressort de terre pour permettre aux vivants d'y accéder et de se retrouver, casser la logique du temps qui se dérobe implacablement (après tout, le temps, peut-être, n'existe pas ?), casser la frontière qui sépare le monde des jeunes de celui des vieux ? Le rythme du film est lent, mais cette lenteur contemplative ne doit pas rebuter. Car elle est intrinsèquement liée aux cycles naturels de la vie et des saisons. Saine et audacieuse, elle constitue un véritable défi au cinéma lambda énervé et bruyant que nous subissons à longueur d'années, et plus généralement à l'idéologie dominante de nos sociétés modernes où tout doit être réalisé avec hâte et précipitation, où tout doit être vitesse et rentabilité. Et où finalement tout doit être en complète opposition avec l'immatérielle substance qui a permis l'éclosion de l'univers, de notre planète, et de notre appartenance à l'humanité.






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