mercredi 22 octobre 2014

J’entends parfois dire par certains penseurs qu’au regard du haut niveau de surmenage supposé de ses travailleurs le Japon n’est peut-être pas le modèle de progrès social que l’on serait en droit d’attendre de la deuxième puissance mondiale (enfin, troisième, depuis le sursaut - artificiel - de la Chine). Ces penseurs pensent mal.

MONTAGE PHOTO RÉALISÉ PAR L'AUTEUR DU BLOG

Bon. Procédons par ordre, car je crois qu’ici l’on confond bêtement ces deux pays, Chine et Japon, pourtant diamétralement opposés. Déplorons cependant qu’en règle générale l’on a sans doute tort d’en revenir systématiquement aux questions économiques dès qu’il est question d’un pays, car après tout ce n’est pas pour ce type de critères qu’on devrait l’aimer. Ma fascination pour l’empire du soleil levant reste avant tout pour l’âme de son peuple, sa culture, ses paysages, ses traditions en parallèle de sa modernité. Cela dit, puisqu’il le faut, parlons économie et politique (hélas). Soyez forts, je vais vous faire une révélation : le Japon est un pays qui fonctionne sur le mode capitaliste. Si. 

Le capitalisme ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, ni ce qui m’exalte le soir au creux de mon lit douillet juste avant de sombrer dans les bras de Morphée, mais il faut regarder les choses en face : quel est le pays dans le monde qui ne fonctionne pas sur ce mode ? A part peut-être Cuba, le Venezuela ou la Chine ? Eh non, même pas, car ces trois pays, malgré leurs idéologies contradictoires, fonctionnent en économie de marché. Ce constat est triste mais c’est ainsi. Arlette L., Jean-Luc M. et Olivier B. en ont fait récemment une crise d’exéma, si, si ! Cependant il ne faut pas se résigner mais chercher à améliorer les choses. C’est-ce que fait le Japon.

Pour essayer de comprendre la mentalité japonaise des dernières décennies n’oublions pas l’histoire douloureuse du pays sous l’ère « Shôwa » (1926-1989) concrétisée par la prise de pouvoir de l’empereur Hirohito, lequel va rendre le Japon particulièrement conquérant (un empereur est par nature impérialiste) et va l’entraîner dans la guerre contre la Chine, l’Amérique et la Russie, soit de 1926 à 1954, situation qui conduira au retrait politique de l’empereur jusqu’à sa mort en 1989, acte de naissance de l’ère « Heisei » actuelle. Après 1945 le pays est sous occupation militaire américaine pendant 7 ans (!!!) et obligé de se reconstruire sur le modèle économique américain qui lui est imposé : les japonais avaient-ils le choix ? Evidemment non ! N’oublions pas qu’ils furent terrassés par deux bombes atomiques larguées sur les populations civiles, crimes contre l’humanité rendant assez secondaire l’attaque de l’armée impériale japonaise sur la cible militaire de Pearl Harbor trois ans auparavant. 


L'EMPEREUR HIROHITO (1901-1989) - ÈRE SHÔWA 1926-1989
Est-ce que les gens se rendent bien compte de ce que cela veut dire, Hiroshima et Nagasaki ? Actuellement, partout sur la planète, les hommes sont paralysés par l’éventualité d’un conflit nucléaire qui pourrait éclater, et sur la peur de subir un jour LA bombe. Mais il n’y a qu’un seul peuple dans l’histoire de l’humanité qui a dû supporter cela, c’est le peuple japonais. Comment donc pouvons-nous appréhender leur douleur, cette monstrueuse apocalypse qui s’est abattue sur eux ? Peut-on vraiment de manière fiable se glisser dans leur âme et dans leurs chairs meurtries ? C’est humainement impossible (voir mon article sur Hiroshima et Nagasaki ainsi qu'une indispensable bibliographie et filmographie ici)

Ci-dessous le discours de capitulation du Japon (Gyokuon-Hôsô) par Hirohito, enregistré le 14 août 1945 et radiodiffusé le 15 août à midi. Pour la première fois dans l'histoire du Japon le peuple japonais entendait la voix de son empereur. Ce discours n’apparut pas très clair pour l’ensemble de la populace car il faisait référence à la conférence de Postdam (logiquement inconnue de la plupart des auditeurs) sans insister clairement sur la nécessaire capitulation, chose que le responsable de la radio japonaise tenta de clarifier juste après la diffusion. 

« A Nos bons et loyaux sujets,

Après avoir mûrement réfléchi aux tendances générales prévalant dans le monde et aux conditions existant aujourd'hui dans Notre Empire, Nous avons décidé de régler la situation actuelle par mesure d'exception. Nous avons donc ordonné à Notre Gouvernement de faire savoir aux gouvernements des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de Chine et d'Union soviétique que Notre Empire accepte les termes de leur déclaration commune. Nous efforcer d'établir la prospérité et le bonheur de toutes les nations, ainsi que la sécurité et le bien-être de Nos sujets, telle est l'obligation solennelle qui Nous a été transmise par Nos ancêtres impériaux et que Nous portons dans Notre Cœur. 


Aviateurs kamikazes
Drapeau de la marine militaire nippone
C'est d'ailleurs en raison de Notre sincère désir d'assurer la sauvegarde du Japon et la stabilisation du Sud-est asiatique que Nous avons déclaré la guerre à l'Amérique et à la Grande-Bretagne, car la pensée d'empiéter sur la souveraineté d'autres nations ou de chercher à agrandir notre territoire était bien loin de Nous. Mais voici désormais près de quatre années que la guerre se prolonge. Bien que tout le monde ait fait de son mieux - en dépit des vaillants combats livrés par Nos forces militaires et navales, de la diligence et de l'assiduité de Nos serviteurs et dévouement de Nos cent millions de sujets - la guerre a évolué, mais pas nécessairement à l'avantage du Japon, tandis que les tendances générales prévalant dans le monde se sont toutes retournées contre ses intérêts. En outre, l'ennemi a mis en œuvre une bombe nouvelle d'une extrême cruauté, dont la capacité de destruction est incalculable et décime bien des vies innocentes. Si Nous continuions à nous battre, cela entraînerait non seulement l'effondrement et l'anéantissement de la nation japonaise, mais encore l'extinction totale de la civilisation humaine. 

Cela étant, comment pouvons-Nous sauver les multitudes de Nos sujets ? Comment expier Nous-mêmes devant les esprits de Nos ancêtres impériaux ? C'est la raison pour laquelle Nous avons ordonné d'accepter les termes de la déclaration commune des puissances. Nous ne pouvons qu'exprimer le sentiment de Notre plus profond regret à Nos alliés du Sud-est asiatique qui ont sans faillir coopéré avec Notre Empire pour obtenir l'émancipation des contrées asiatiques. La pensée des officiers et des soldats, ainsi que tous les autres, tombés au champ d'honneur, de ceux qui sont morts à leur poste, de ceux qui ont trépassé avant l'heure et de toutes leurs familles endeuillées Nous serre le cœur nuit et jour. Le bien-être des blessés et des victimes de la guerre, et de tous ceux qui ont perdu leur foyer et leurs moyens d'existence, est l'objet de Notre plus vive sollicitude. Les maux et les souffrances auxquels Notre nation sera soumise à l'avenir vont certainement être immenses. Nous sommes pleinement conscient des sentiments les plus intimes de vous tous, Nos sujets.

Cependant, c'est en conformité avec les décrets du temps et du sort que Nous avons résolu d'ouvrir la voie à une ère de paix grandiose pour toutes les générations à venir en endurant ce qu'on ne saurait endurer et en supportant l'insupportable. Ayant pu sauvegarder et maintenir la structure de l'Etat impérial, Nous sommes toujours avec vous, Nos bons et loyaux sujets, Nous fiant à votre sincérité et à votre intégrité. Gardez-vous très rigoureusement de tout éclat d'émotion susceptible d'engendrer d'inutiles complications; de toute querelle et lutte fratricides qui pourraient créer des désordres, vous entraîner hors du droit chemin et vous faire perdre la confiance du monde. Que la nation entière se perpétue comme une seule famille, de génération en génération, toujours ferme dans sa foi en l'impérissabilité de son sol divin, gardant toujours présents à l'esprit le lourd fardeau de ses responsabilités et la pensée du long chemin qu'il lui reste à parcourir. Utilisez vos forces pour les consacrer à bâtir l'avenir. Cultivez les chemins de la droiture; nourrissez la noblesse d'esprit; et travaillez avec résolution, de façon à pouvoir rehausser la gloire inhérente de l'Etat impérial et vous maintenir à la pointe du progrès dans le monde. » (Traduction française issue du livre « Les 100 discours qui ont marqué le XXe siècle » (Hervé Broquet et Catherine Lanneau chez André Versailles éditeur - Octobre 2008).



Cette monstruosité de Hiroshima et Nagasaki sans équivalents dans l'histoire a donc particulièrement soudé le peuple japonais, l’a viscéralement tourné vers le présent (trouver les ressources pour dépasser l’indicible) puis vers l’avenir (réussir la reconstruction identitaire et matérielle de la civilisation nippone). C’est en grande partie cet élan fondamental et quasi-mystique qui leur a donné cette compétitivité qu’on peut encore constater aujourd’hui et qui a fait d’eux la deuxième puissance économique du monde pendant plusieurs décennies. Et non un quelconque droit du travail abusif et archaïque amenant mécaniquement leur abnégation aux surmenages et aux suicides, même si on peut toujours trouver des exemples isolés non-représentatifs : abus dans certaines entreprises, etc.

Le Japon doit subir ce type de clichés, véhiculés surtout par les occidentaux. Les fameuses rumeurs de suicides en chaîne au Japon, les cadres surmenés qui meurent à la pelle : tout cela est très exagéré, thématiques partant de quelques faits divers authentiques qui alimentèrent la frustration/jalousie ressenties par beaucoup de dirigeants occidentaux. Car il faut bien comprendre que la réussite du Japon constitue depuis 50 ans une gigantesque claque assénée à toute l’Europe, à l’Asie et aux USA, finalement au monde dans son ensemble : c’est insupportable pour beaucoup de voir un pays qui en 1945 était à genoux, partiellement anéanti par deux bombes atomiques et d’effroyables bombardements incendiaires, et qui a su en seulement deux décennies se relever et se hisser parmi les plus grands, pour finalement devenir la deuxième économie du monde sans pour autant posséder de matières premières ! 

Quelle claque monumentale pour nous tous, en effet. C’est de là que vient, à n’en pas douter, les attaques que l’on trouve parfois en Occident contre cette civilisation. Accompagnant une forme d’ostracisme. En effet, combien de reportages sur le Japon dans les journaux télévisés et dans la presse française ? Très peu, presque jamais. Bizarre ! Leur statut de deuxième puissance économique (troisième depuis la fulgurante progression - artificielle - de la Chine) devrait au contraire leur assurer une belle et régulière couverture médiatique. Or la culture japonaise, vous en entendez souvent parler ? Entendez-vous souvent la musique nippone (traditionnelle ou rock) à la radio ? Leurs disques sont-ils facilement disponibles à la FNAC ? Bizarrement non. Et leurs poètes ? Leur cinéma ? Suffisamment ? Le Japon a pourtant acquis cette place d’excellence en ne volant personne, mais en créant des inventions et des produits de qualité dans le domaine de la microélectronique, dans l’audiovisuel, dans l’industrie automobile, dans la biotechnologie, dans la robotique humanoïde, dans la téléphonie, dans le haut-débit, dans les arts en général, tout en restant lié à ses traditions ancestrales sans rejeter l’ère moderne. Traditions ancestrales/modernité : un équilibre unique en son genre, formule qui est presque devenue depuis une sorte de cliché tant elle a été utilisée par d’innombrables commentateurs avisés. Mais quelle absence de reconnaissance de la part du monde dans son ensemble !


 L’ÈRE DES ROBOTS HUMANOÏDES JAPONAIS


Robots humanoïdes du professeur Hiroshi Hishiguro, directeur du laboratoire de robotique intelligente de l’université d’Osaka. 




Ce pionnier concepteur d’androïdes s’est spécialisé dans l’humanisation des robots intelligents « ressentant » certains sentiments propres aux humains (colère, timidité, pudeur, gêne) et capables d’afficher plusieurs dizaines d’émotions différentes. 

Les robots dans les entreprises voleraient-ils les emplois des travailleurs, comme le prétendent certains médisants ? Non, bien au contraire. Ce sont plutôt des milliers d’emplois qui sont créés pour la maintenance de ces engins ou dans le secteur de la recherche. Et la pénurie de main d’œuvre dans le secteur industriel est compensée par l’utilisation de robots humanoïdes qui travaillent en binôme avec un ouvrier, le délestant des taches les plus pénibles (notamment dans les chaines de montages d’usines spécialisées dans la fabrication de caisses enregistreuses). C’est donc bien un progrès. 

En fait tous les secteurs devraient bientôt être touchés par la robotisation (ou le sont déjà) : service aux entreprises, industrie, bâtiment, agriculture, hôtellerie, administration. Dans le milieu médical, certains laboratoires mettent au point des robots capables de faire des diagnostiques médicaux, certains médecins utilisant déjà des robots pour des soins à distance, sous le contrôle d’une infirmière. Dans certaines maisons de retraite, les personnes âgées peuvent compter sur des robots conçus pour leur tenir compagnie, capables de détecter malaises, états de tristesse ou de colère. D’autres robots humanoïdes sont utilisés pour parfaire l’apprentissage des étudiants dentistes, le robot réagissant en cas de mauvaise manipulation ou d’erreur du futur praticien (voir la vidéo ci-dessous).   




Doit-on soupçonner un droit du travail bien plus « allégé » au Japon que par nos contrées ? Cette réalité est évidemment chinoise, pas japonaise. Cette Chine qui traite si mal une grande partie de son peuple, notamment dans les provinces. Où les syndicats sont peu performants, pour ne pas dire absents. Où le droit du travail est parfois quasi-inexistant, laissant les enfants travailler dès l’âge de 10 ans (comme dans ces cas récents rapportés par certains journaux locaux concernant les provinces du Yunnan, Sichuan, Guizhou, Guangxi, Henan). Ce pays a certes atteint ces dernières années un haut niveau économique, mais en inondant le monde de produits ayant des vices de forme et parfois dangereux, en nous vendant souvent du toc à bas prix tout en exploitant les ouvriers. Alors que le Japon nous a toujours proposé des inventions très fiables, de l’innovation, une excellente qualité générale, tout en payant bien des employés évoluant dans un cadre de vie souvent idéal.

J’ai cru comprendre que le critère de référence pour notre pays était le pouvoir d’achat. C’est en effet uniquement ce baromètre qui est utilisé par nos gouvernements successifs depuis 40 ans pour évaluer notre santé économique et le bonheur du peuple. Eh bien il faut savoir que le peuple qui a le plus grand pouvoir d’achat dans le monde reste les japonais. Devant les américains. Le droit du travail et la protection des ouvriers et employés nippons ? Il y a plus de 73 000 syndicats au Japon (oui, vous avez bien lu), principalement d’entreprises. Et pour éviter une trop grande complicité avec le patronat, ces syndicats n’hésitent pas à se fédérer, leur fonctionnement étant intrinsèquement influencé davantage par l'histoire (les luttes de survie liées à l'après-guerre notamment) que par de supposés invariants culturels. Au fait, combien y-a t-il de syndicats en France, déjà ? 

Lorsqu’il y a un conflit dans l’entreprise, les cadres japonais savent le gérer de la manière la plus ouverte et la plus harmonieuse qui soit, et c’est vrai aussi des entreprises nippones délocalisées, notamment en Europe. A tel point que cette gestion des conflits inter-entreprises est devenue une référence dans le monde asiatique ou occidental. On peut comprendre cette réussite en songeant à l’unité très forte du peuple japonais, son homogénéité raciale (l’immigration y est quasiment nulle), la diversité et l’originalité des procédés de gestion des conflits effectifs, la place importante des élus comme médiateurs ainsi que les nombreuses structures de participation des citoyens à la vie de la cité (Kôenkai).


En France, par contre, quel contraste prompt à balayer bien des idées reçues ! Les acquis sociaux y sont de plus en plus rognés par les gouvernements libéraux successifs, de « gauche » (socialistes) ou de « droite » (UMP). Quant aux quelques revendications des syndicats français (souvent complices du patronat), quel constat ? On réserve un matelas de protections sociales au français qui tombe au chômage mais on laisse ensuite l’infortuné s’enfoncer dans la précarité et dans un cercle vicieux sans fin, situation délétère entretenue par la masse des « contrats-aidés » qui ne font généralement que plonger celui qui en est bénéficiaire dans une implacable spirale dont il est très difficile de sortir. La France généreuse offre les soins médicaux à tous même aux étrangers sans papiers grâce à la CMU ? Quelle avancée ! Encore faut-il ne pas songer aux nombreux médecins qui refusent de recevoir dans leurs consultations les bénéficiaires de ces droits. Bravo le serment d’Hippocrate, mais c’est la France, ma bonne dame ! Les nombreux cas de suicides commis par des cadres surmenés existent bel et bien, mais bien plus en France qu’au Japon ! Faut-il rappeler la triste réalité des dernières années, particulièrement médiatisée : administration publique, France Telecom, EdF, Renault, Peugeot, etc. ? Cette réalité française est certifiée par de nombreux sociologues ou scientifiques (voir les travaux de Christophe Dejours, professeur au CNAM, médecin et psychiatre, auteur des ouvrages de référence « Souffrance en France : La banalisation de l'injustice sociale » et « Suicide et travail, que faire ? »). 

On ne peut qu’espérer un livre de l’inénarrable Amélie Notomb (et son adaptation ciné) sur la société française et ses travailleurs, cela serait dantesque… Quant à la solidarité, très forte entre japonais, surtout au niveau de la famille et des anciens, comparons-la à notre pays : il n’y a pas photo, nous traitons nos anciens moins bien que des chiens, alors que dans la société japonaise ils sont des références pour toute une population.

Enfin je voudrais préciser une dernière chose qui n’est pas forcement évidente à faire comprendre à un européen : la différence de culture. Les japonais ont un sentiment de solidarité et d’unité nationale beaucoup plus fort que dans les pays européens (malgré leurs conflits guerriers et sociaux des siècles passés). Cela est dû à l’histoire et aux racines de ce peuple qui, ne l’oublions pas, vit depuis toujours sur des îles, cerné par la mer et par des tremblements de terre épisodiques qui peuvent représenter un danger mortel, sans parler du souvenir vivace des deux bombes nucléaires et de la récente catastrophe de la centrale nucléaire à Fukushima (voir mon article ici).



Il y a donc une culture de résistance, d’abnégation et d’honneur au cœur du peuple japonais à laquelle l’éthique Bushido des samouraïs n’est probablement pas étrangère. Les efforts consentis par des employés dans certaines grandes entreprises ne peuvent donc pas être appréhendés avec notre grille de lecture d’occidentaux : il y a un consentement à l’effort hors du schéma « patron/employé » et « exploiteur/exploité » propre aux idéologies occidentales, hors de toutes notions de luttes des classes, et ce type d’efforts consentis n’a donc rien à voir avec ce que peut par exemple demander un dirigeant néo-libéral (à talonnettes, ou constamment trempé par la pluie) à une population comme la France. Si on ne comprend pas ça, on ne peut comprendre le Japon, une des sociétés les plus complexes de la planète.

J’espère, par ma petite contribution, avoir permis une autre vision socio-économique du Japon qui ne correspond pas aux quelques rumeurs qui courent parfois sur lui. Bien sûr, tout n’est pas parfait au pays du soleil levant. On peut même y croiser de nos jours des SDF à Tokyo, chose impensables il y a encore quelques années. N’oublions pas que le Japon a été très fragilisé par cette catastrophe financière mondiale initiée aux Etats-Unis via les banques juives américaines Lehman Brothers et Goldman Sachs et la crise des subprimes (voir Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde ICI, et Goldman Sachs, le scandale expliqué aux nuls ). Heureusement, les nippons épargnent énormément, un peu comme les français, et contrairement aux américains. C’est notamment ce qui a permis au Japon de se sortir de la précédente crise financière sur une période de 10 ans. Espérons qu’il en sera de même concernant cette crise mondiale qui semble ne jamais finir et aller toujours plus en s’aggravant, entraînant la France dans son naufrage titanesque sous le regard bovin de nos affligeantes oligarchies.



Sayonara Zetsubō sensei ! 
さよなら 絶望 先生 !
(Au revoir Monsieur désespoir !)

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