samedi 24 novembre 2012

L’exubérant TOMMY de Ken Russel reste encore aujourd’hui une expérience de cinéma psychédélique unique en son genre (music by The who !).


ANN MARGRET JOUE NORA WALKER, LA MÈRE DE TOMMY
L’extravagant réalisateur anglais Ken Russell adapte en 1975 au cinéma le célèbre concept-album Tommy conçu par Pete Townshend. L’opéra-rock du guitariste et compositeur des Who était déjà digne d’intérêt sur l’album initial de 1969 mais il devint carrément succulent avec cette B.O. du film. Les chansons furent ré-enregistrées pour l'occasion, et réécrites pour certaines, incluant des célébrités du rock telles Eric Clapton, Tina Turner ou Elton John. Plus pêchue et concise, la nouvelle version emporte l’adhésion. Le rôle de Tommy est interprété par le chanteur des Who Roger Daltrey, ce qui semble une évidence vu son charisme cinématographique flagrant. Et les autres membres du groupe apparaissent à plusieurs reprises durant le cours de l’histoire (notamment le génial batteur fou Keith Moon en Oncle Ernie, pervers indécrottable). Le rôle de la mère de Tommy est interprété par l’actrice et chanteuse américano-suédoise Ann Margret dont le talent et la beauté crèvent littéralement l’écran. Au moment du tournage elle a déjà huit albums et 22 films à son actif. Elle sera nominée pour sa prestation pour l’Oscar de la meilleure actrice et remportera cinq Golden globes aux Golden globes awards (dont celui de la meilleure comédienne).

KEN RUSSELL DANS LES ANNÉES 60
Le cinéaste Ken Russell est né en 1927 dans la ville anglaise de Southampton. Enfant, il est marqué par une atmosphère familiale délétère, un père souvent absent et distant, et une mère aimée mais ayant des problèmes mentaux. Cinéaste de la démesure et de l’outrance, peut-être que son obsession des désordres de toutes sortes (sociétaux, moraux, mentaux) trouvent leurs origines dans ce climat troublé qu’il connut enfant au sein de sa famille. Après des études brillantes dans la photographie il parvient à se faire embaucher à la télévision britannique après avoir réalisé plusieurs documentaires d’art et d’essai. Très vite il trouve son style, fiévreux et provoquant. Son premier long métrage de cinéma en 1963, French dressing, inspiré par le travail de Roger Vadim, est un échec. Ne se décourageant pas, et tout en continuant à travailler pour la télévision, il tourne d’autres films de cinéma plus remarqués comme The devils en 1971, très critique sur la religion et flirtant avec l’érotisme. Intéressé depuis toujours par la musique il est contacté par le producteur Robert Stigwood qui lui propose l’adaptation de la comédie musicale rock des Who. Russell accepte aussitôt, grisé à l’idée de confronter sa propre folie artistique avec celle de Pete Towshend, leader du groupe et auteur mégalomane. Le résultat sera à la hauteur du défit. Le cinéaste, arrive à maturité en cette année 1975, donne toute sa démesure dans cette adaptation légèrement modifiée du disque original.


ROGER DALTREY JOUE TOMMY ADULTE
SYNOPSYS  L’histoire se situe après la deuxième guerre mondiale. Le petit Tommy est le fils du capitaine Thomas Walker, pilote de la RAF, dont l’avion est descendu lors d’une mission alors que son fils est sur le point de naître. Sa femme, Nora, accouche donc dans la tristesse le 8 mai 1945 et se retrouve mère célibataire. Dans un camp de vacance où elle a emmené son enfant, elle fait la connaissance de l’espiègle Frank Hobbs avec lequel elle se met bientôt en ménage, dans la maison du capitaine Walker. En réalité, celui-ci a survécu au terrible accident d’avion, et il revient bientôt dans la maison familiale sans prévenir, la veille du jour de l’an 1951. Il est légèrement défiguré mais le petit Tommy le reconnait, grâce à sa photo qu’il regarde souvent. Tombant sur le couple et constatant l’adultère, le capitaine se précipite contre l’amant de sa femme mais celui-ci le tue. Le petit Tommy a assisté à la scène et, traumatisé, il devient sourd, muet et aveugle. La mère va tout faire pour essayer de sortir son fils de la léthargie. Devenu champion de flipper, l’adulé Tommy va un jour retrouver tous ses sens. Et devenir encore plus un objet de culte pour une foule de fans irréductibles prêts à le suivre comme un prophète. Jusqu’au chaos final, qui remettra tous les protagonistes de ce conte cruel moderne à leur vraie place.

Avec cette histoire, Russell permet de traiter les idées sociétales à la mode, véhiculées notamment par la génération hippie. Le film est aussi très critique envers la société en général, décrite comme potentiellement nocive. C’est aussi une occasion pour le cinéaste d’expérimenter tout un tas d’effets psychédéliques et d’expérimentations visuelles et sonores. Des stars participent au film avec un plaisir non-dissimulé (Jack Nicholson, Arthur Brown). Finalement, c’est un grand succès au box-office, avec un bénéfice de 30 millions de livres sterling. Parmi les nombreux spectateurs, on trouvait évidemment beaucoup de fans des Who.

Le morceau Christmas est une chanson que j’adore, évoquant parfaitement Noël tout en étant représentative du style des Who. C’est un moment singulier du film, aussi intense que celui concernant le meurtre du capitaine Walker par l’amant de Mrs Walker (1951/What about the boy ?), le tortionnaire cousin (Cousin Kevin), le passage à travers le miroir (Smash the mirror), la libération de Tommy (I’m free), ou encore l'apparition de la prêtresse de la dope en la personne de la nympho The Gipsy (Acid queen). Tommy de Ken Russel est sans aucun doute le plus grand opéra-rock filmé qui ait existé (et probablement le seul qui soit digne d’intérêt, lorsque l’on aime le rock et la bonne musique).


THE WHO - CHRISTMAS (TOMMY)

TOMMY ENFANT, MURÉ DANS SON SILENCE



THE WHO - SMASH THE MIRROR (TOMMY)

THE WHO - I'M FREE (TOMMY)


THE WHO - COUSIN KEVIN (TOMMY)



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