mercredi 7 mars 2012

THE ROLLING STONES - RARETIES - Le petit bijou « Trough the lonely nights » enfin immortalisé en numérique, 31 ans après sa sortie en 45 tours !!





Il aura donc fallu attendre l'année 2005 (!!!) pour enfin découvrir pour la première fois en CD remastérisé l'une des plus belles chansons des Rolling stones : Trough the lonely nights, morceau magistral qui pourtant n'avait été prévu que pour occuper la face B du 45 tours It's only rock'n'roll. Où l'on voit que certaines grandes chansons subissent parfois un destin injuste et indigne... Allez savoir pourquoi ! 

Mick Taylor, deuxième en partant de la gauche, en compagnie
 de pierres hautement mobiles (voire roulantes)
 
Il est d’ailleurs incompréhensible que ce titre ne fut pas ajouté comme bonus pour l’album It's only rock'n'roll, dernier grand opus du groupe selon moi. C’est dans celui-ci qu'officie pour la dernière fois l'excellent guitariste Mick Taylor (petit protégé de John Mayall le père du blues blanc anglais). Qui, on le sait, avait rejoint les « pierres qui roulent » dès 1969 juste après le décès de Brian Jones, avec comme mission impossible de remplacer l’irremplaçable. Non pas que ce virtuose de la six cordes ne fut pas en capacité de prendre la succession du multi-instrumentiste Jones (étant largement plus grand guitariste que lui) mais simplement parce que le regretté blondinet était aux yeux du public une pièce centrale dans l’alchimie du quatuor et représentait plus qu'un simple guitariste : il apportait au groupe sa dimension de dandysme, sa classe aristocratique, sa grâce insolente, son sex-appeal, sa gentille option décadente, et surtout sa grande connaissance du blues des origines. Mick Taylor représenta finalement l’opposé de Brian Jones : un virtuose de la guitare mais effacé et humble, sans charisme particulier. Son travail fut toutefois remarquable sur chacun des morceaux du groupe, ainsi qu'en concert où il apportait un soutien précieux à Keith Richards.

Brian Jones, multi-instrumentiste et dandy irremplacable 


Malgré tout, probablement à cause de sa timidité maladive et de sa mission finalement trop écrasante (faire oublier le dandy inoubliable), Taylor ne fut jamais vraiment en symbiose avec les autres membres des Rolling stones, et ne fut jamais totalement apprécié d’eux, contrairement à Ron Wood qui le remplaça en 1975 en se glissant, lui, parfaitement dans le moule, amenant à la formation son efficacité musicale et une complicité sans failles avec le revêche Keith Richards. Autant de qualités ne faisant pas pour autant oublier son absence de charisme digne d’une huitre marinière. 

Rien que pour cette petite perle, ce CD d’archives mérite donc une couronne de lauriers. D’autant qu’il est particulièrement bien réalisé : la pochette digipack est de toute beauté, contrairement à la majorité des autres disques des Rolling stones en CD qui pendant des années furent édités avec un packaging indigne, ce qui est d’ailleurs franchement curieux : pourquoi une disque à priori secondaire par rapport à la discographie officielle bénéficie finalement d’un meilleur traitement éditorial et d’une fabrication plus luxueuse ? Cet album est indispensable pour tous les fans. Outre le morceau qui nous intéresse ici, on peut trouver d’autres chansons d’inégal intérêt :


PISTE 1

Fancy man blues, bon vieux blues publié en 1989 sur la face B du single Mixed emotion tiré de l’album Steel wheels. Très classique, mais très sympa.


PISTE 2

Tumbling dice, version live du single d’Exile on main street enregistrée lors des concerts unplugged destinés à l’album Stripped en 1995. Très dispensable.


PISTE 3

Le classique Wild horses enregistré au Japon dans les studios Toshiba/EMI pour l’album Stripped évoqué ci-dessus. Version qu’adore Charlie Watts. Si Charlie adore, alors…


PISTE 4

Beast of burden, face B du single Going to a go-go, enregistré live en 1981. Le genre de morceau que personnellement je n’aime pas trop. Ca sent la pop-rock music faisandée, avec la partie de saxo factice et racoleuse telle qu’on pouvait l’entendre un peu partout dans les années 80. Personnellement je n’aime pas trop non plus le saxo. Surtout joué comme ça. Ha non. Berk.


PISTE 5

Anyway you look at it, face B du single Saint of me tiré de l’album Bridges to Babylon en 1997. Petite ballade qui se laisse écouter, avec cordes à l’appui. C’est pas trop sirupeux, ça peut aller. Jagger est assez sobre, mais on est loin d’Angie du Goast head soup de 1973. La grande époque, quoi.


PISTE 6

If I was a dancer, réalisé en 1980 pour l’album Emotional rescue. La brise disco et funk souffle donc encore sur ce titre, ces styles ayant été largement adoptés par le groupe dès l’album précédent Some girls. Bon, ça groove un peu, mais c’est quand même relativement plan-plan.


PISTE 7

Miss you, version remixée par Jagger lui-même, histoire de nous faire croire qu’il est encore un jeunot. Arrête ton char Mick, tes rides on les a vues, et tes tâches de vieillesse sur les mains aussi. Anecdotique donc, vu que je n’aimais déjà pas trop l’original (faut dire que moi et le disco, ça fait quand même deux. Voire trois).


PISTE 8

Wish I’d never met you, face B du single Terrifying en 1990. Un bon blues à la manière de Howling Wolf. La voix de Jagger nous rappelle ici que le Wolf hurlait bien comme un loup, et qu’en comparaison, celle de Mick tient plus de l’agneau. Désolé. Intéressant tout de même.


PISTE 9

On continue avec le blues via ce I just wanna make love to you de Willie Dixon enregistré live pour l’album No security en 1998. Partie d’harmonica très accrocheuse. Jagger peu concerné.


PISTE 10

Mixed emotion, face A du premier single en date tiré de l’album Steel wheels évoqué plus haut (la face B nous l’avons trouvée sur la piste 1 du présent album, rappelez-vous, c’est le Fancy man blues décrit en début de liste). On retrouve ici le beat nerveux caractéristique de beaucoup de morceaux des Rolling stones. On imagine bien Charlie Watts, impassible, maltraiter ici sa batterie avec son self-control légendaire dont lui-seul a le secret. Ca tient la route, c’est entrainant, c’est rock. Simple, efficace.


PISTE 11

Trough the lonely nights, face B du génial single It's only rock'n'roll en 1974. Bah là, si vous avez bien suivi, c’est la perle précieuse qui m’a donné envie d’écrire cette chronique. Sublime. Voir plus haut, je vais quand même pas me répéter. J’ai écouté ce morceau la première fois lorsque j’avais 10 ans. La chair de poule, ça ne s’oublie pas. Elle dure encore aujourd'hui.


PISTE 12

Live with me enregistré live pour l’album No security en 1998. Pas trop mal, mais toujours ce saxo à la con.


PISTE 13

Let it rock, excellente version d’un titre du grand Chuck Berry, enregistrée live à l’université de Leeds en 1971. Une occasion de plus pour Richards de rendre hommage, par son jeu de guitare, au célèbre pionnier du rock qui est son idole depuis toujours.


PISTE 14

Harlem shuffle, face A du single tiré de Dirty work en 1986. Un bon petit rhythm'n'blues des familles. Attention, j’ai bien dit rhythm'n'blues, ne pas confondre avec le EuReuneubi actuel, n’est-ce pas Rockin ? Car ça n’a rien à voir. Hé oui.


PISTE 15

Le célèbre Mannish boy de Muddy Waters, dans une version très fidèle et assez sympatoche, enregistrée live en 1977 au Toronto El Macambo club. Jagger n’y est pas ridicule.


PISTE 16

Thru and thru, balade chantée par un Keith Richards inspiré, enregistrée live au Madison Square Garden en janvier 2003. Qui clôt ce disque d’archives en beauté.



Trough the lonely nights, mythique face B du single It's only rock'n'roll (1974)

Ha pis tiens, soyons fous, je vous mets aussi ci-dessous la vidéo de la face A du single, le fameux It's only rock'n'roll. Le jour où je l’ai vue pour la première fois, je m’en rappelle encore, j'avais 10 ans (le même âge que quand j’ai découvert le 45 tours quoi… Logique, c'était la même période). J’étais devant la télé sur la deuxième chaîne (elle n’allait s’appeler Antenne 2 que l’année suivante, puis France 2 18 ans plus tard). J’étais scié devant l’arrogance de ces mecs, et la qualité de cette chanson. J’ai rêvé de mousse toute la nuit (voir le clip jusqu'au bout).

                        It's only rock'n'roll, single mythique de l'album éponyme (1974). Mousse à 3mn06.


Ci-dessous les photos du 45 tours d’origine. Je l’ai conservé religieusement (mais non, ce mot n’est pas un gros mot). Il a un peu souffert des années passées mais il est toujours là.







A bientôt pour de nouvelles aventures ! 

(A venir sur ce site, la chronique des 20 plus grands disques live de l’histoire du rock. Oui, je sais, ça fait plusieurs mois que je la promets celle-là, mais je vous assure, à force, elle va bien finir par arriver).





6 commentaires:

Rockin a dit…

salut Christian et bon rétablissement. merci pour le clin d'oeil ça m'a bien fait rire. J'adore les Stones, enfin comme toi les premiers avant le grand cirque que c'est devenu... et à bientot pour les grands live, la chronique la plus attendue de la blogosphere..A+, JL

Christian Larcheron a dit…

Salut JL, merci. Internet et l'ordi c'est bien, mais ça a tendance à flinguer un peu les yeux, j'ai l'impression...

Pour les Stones c'est vrai que ça fait des années qu'on en attend plus rien. En même temps, c'est sympa qu'un tel groupe soit encore vivant de nos jours. Ils narguent la mort, c'est touchant.

Pour la liste, elle arrive, et sera évidemment subjective, bien que comprenant tout de même une majorité d'opus incontournables qui mettront tout le monde d'accord (bon, ceux qui ne seront pas d'accord : pas de coups sur la tête s'iouplait ! Ne nous fâchons pas !)

didiegodelavega a dit…

je profite des (et d'être) Stones pour te féliciter pour ton blog hétéroclit-onirique qui m'a bien fait voyager,au sein de mes souvenirs lointains, au creux du petit matin qui vient...je marque-page et encore bravissimo,mots et par vos chroniques qu'elles,soient lues et à bientôt...peut-être^^

Christian Larcheron a dit…

Merci pour cet hommage chaleureux qui me va droit au coeur (j'adore l'expression "hétéroclit-onirique")... Si je peux ainsi faire voyager mes lecteurs éventuels j'en suis heureux. N'hésite pas à t'inscrire sur ce site si ça te chante, c'est gratuit, c'est rapide et y'a rien à gagner (voir le gadget "Sympathisants" dans la colonne à gauche du blog). A bientôt !

OX Jerry a dit…

Yes !! 1974 et l'album "it's only Rock and roll" avec le guitariste Mick Taylor. Indispensable musicien qui fera de l’album "It's only rock'n'roll" le dernier grand opus des Rolling Stones (encore que "Some girls" de 1978 n'est pas si mal quand même )

Ah !! le 45 tours " It's only rock'n'roll" accompagné par ce clip très moussant (Charlie Watts a failli s'étouffer sous les bulles !) que je possède également (encadré sur mes murs ) . Un must !!

Christian Larcheron a dit…

Oui, vive le single à l’ancienne ! Même si je possède en CD ces deux mythiques morceaux, je passe encore le 45 tours de temps en temps sur ma platine vinyle, rien que pour le plaisir de voir tourner ce bel objet sur un non moins bel objet.