mercredi 5 octobre 2011

L’émouvante chanteuse nippone Asuka Hayashi, à la voix grave si peu en adéquation avec ce jeune corps de 13 ans.





LE PREMIER ALBUM SAKU (2003)
Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années. Cette célèbre maxime s’applique particulièrement bien à Asuka Hayashi, étonnante chanteuse japonaise qui commença sa carrière début 2003 à l’âge de 13 ans en proposant l’album Sakufleurir », « s’épanouir » en français) qui fit sensation lors de sa sortie au pays du soleil levant. Quel paradoxe en effet de constater que, de ce corps de frêle adolescente puisse jaillir une si belle et puissante voix, si lyrique, si habitée, si mature. Le disque composé de 12 plages éclectiques est une convaincante carte de visite aux compositions humbles mais non dénuées de charme. On est musicalement ici dans la variété, mais une variété moderne, branchée, et qui sait rester digne : l’envolée lyrique de Haha sur la piste 2 prépare l’arrivée de l’agréable Saksabune (piste 4) avant le hit accrocheur Ake-kaze en piste 6 et le magnifique Jibun Shinjite de la piste 12, deux titres dont je reparlerai plus bas, ces chansons étant depuis plusieurs années un passage obligé en concert pour Asuka (on comprend pourquoi en les écoutant).

Le succès fut au rendez-vous, confirmé par les quelques singles qui suivirent dont le très beau CD/DVD Mouichido Anatani Aitai en septembre 2003 qui permit de constater l’émouvante présence d’Asuka en concert grâce aux deux épatantes pistes vidéos proposées sur le DVD (concernant les deux titres de l’album Saku évoqués plus haut : le très bel hymne Ake-kaze en piste 2, et le délicat Jibun Shinjite en piste 3 où, accompagnée par des musiciens hors pairs dont un fabuleux jeune bassiste ayant sa basse électrique sur trépieds, Asuka semble presque transfigurée. Prestations live filmées lors d'un concert à Kyoto dans le parc du château Nijo en août 2003). 


LE TRÈS BEAU CD/DVD MOUICHIDO ANATANI AITAI (2003)


AKE-KAZE EN LIVE (LE 14 FÉVRIER 2012)


LE CLIP DE MOUICHIDO ANATANI AITAI (2003)

Asuka sortit un deuxième opus en juillet 2004 nommé Hatsuko qui fut à nouveau bien accueilli, autant par la critique que par le public curieux de ce petit bout de jeune femme impressionnant. Il laissa néanmoins une impression de redite et d’un renouvellement des compositions peu conséquent par rapport à Saku, à l’image du titre-single Sanctuary assez agréable mais décevant. A ce stade il était primordial pour l’artiste de rehausser le niveau, ce qui fut fait au printemps 2005 avec un troisième album possédant la grâce du plus beau des papillons. Il en porte d’ailleurs le nom, Cho (prononcer Chou), et offre à l’auditeur 10 titres plutôt acoustiques qui dégagent une grande sensation d’accomplissement intérieur et de sérénité. Une sorte d’havre de paix où se ressourcer après une dure journée de labeur, ou après une guerre de mille ans, c’est selon. Le repos du guerrier samouraï en quelque sorte.

CHO, L'ALBUM DE LA MATURITÉ (2005)

Les deux premiers titres Koe et Fuwari sont parmi les meilleurs de l’album, commençant dans la douceur et l’humilité pour petit à petit monter en puissance et atteindre des hauteurs rarement atteintes ailleurs. Orchestrations en tous points magnifiques. Quelques morceaux calment un peu le jeu, tels Omoi (piste 3), Michikusa (piste 4) et Cheese (piste 5) et leur relatif classicisme déçoit même un tantinet compte tenu des cimes évoquées plus haut. Une délicieuse ballade servie par le son voluptueux d’un violoncelle vient tout de même nous cueillir avec Yamatesen (piste 6). Puis nous renouons avec l’exceptionnel en atteignant la piste 7 Kamigami no Hoshi et sa rafraîchissante ritournelle très japonaise, suivie de l’intimiste Renka. Le disque se conclut en beauté avec le très poignant Senaka précédé d’une surprenante comptine traditionnelle nommée Jiichan Baachan no Uta fleurant bon les senteurs du Japon.

Depuis 2005 Asuka a sorti d’autres singles et fait régulièrement des concerts un peu partout dans le monde, en privilégiant toutefois l’Asie et son Japon natal (elle est née dans la grande ville d’Osaka). On attend un nouvel album qui serait, paraît-il, en préparation. 

À QUI S'ADRESSE CETTE CHANTEUSE hors des frontières de son pays ? A tous les amoureux du Japon et des belles nippones, assurément. A ceux qui apprécient les chansons aux mélodies bien faites sans s’embarrasser des recherches musicales underground ou d’avant-garde. Aux admiratifs de jeunes talents en train d’éclore. Asuka Hayashi ne fait ni du rock ni de la pop, elle se situe plutôt dans la veine d’une certaine chanson japonaise grand public de qualité, comme il existe une chanson française qui, sans être particulièrement originale, n’en sacrifie pas tout sur l’autel de la rentabilité immédiate et du succès de masse éphémère. Elle détonne dans le milieu d’une J-pop parfois trop superficielle, de par sa voix grave si rare et la dignité de ses prestations aux antipodes de l’imagerie surfaite et stéréotypée de certaines lolita japonaises.


Site personnel d'Asuka sur cette page





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