mercredi 4 mai 2011

L'album « The Art of the Japanese Bamboo flute and Koto » du Yamato ensemble : le vivifiant chant du bambou !



SHAKUHACHI
Ce magnifique disque constitue une parfaite introduction à la musique de chambre traditionnelle japonaise constituée principalement de longues pièces instrumentales où se distinguent le Koto (cithare sur table à treize cordes), le Shamisen (petit luth à trois cordes) et le Shakuhachi (longue flûte droite en bambou) et auxquelles viennent parfois s’ajouter un chant féminin mélodieux. Le Yamato ensemble a ceci de particulier qu’il est dirigé par un occidental passionné par la musique japonaise, le flûtiste anglais Richard Stagg qui, après des années d’apprentissage, a parfaitement cerné l’essence de la musique ancestrale nippone et sut magistralement la restituer sur scène ou sur disque. Accompagné de Kikuko Satoh et d’Aiko Hasegawa, toutes deux spécialistes de Koto et Shamisen et expertes en chants courtois, il nous livre cinq longs moments musicaux empreints d’une grande spiritualité.

Le premier titre de l’album, l’instrumental Hachidan datant du 17ème siècle et d’une durée de 8mn15, nous emporte directement au pays du soleil levant de part ses évanescentes mélodies d’où reste absent le Shakuhachi. Celui-ci intervient dès le titre suivant, ce Zangetsu du 18ème siècle d’une durée de 21mn13, accompagné de chants et des sonorités cristallines de la cithare et du luth. Vient ensuite un nouvel instrumental de 9mn, Shika no tone, où Richard Stagg seul avec sa flûte nous fait ressentir ce que peut être la plénitude harmonieuse au cœur de la nature. Nous retrouvons ensuite le chant particulier de la période Edo allié aux cordes et Shakuhachi pour une entraînante composition de 27mn15, Yaegoromo. Le disque se termine en beauté avec l’instrumental vivifiant Yamaji quasiment contemporain (écrit en 1934 par Kozo Masuda) et d’une durée de 8mn20.



SHAMISEN

KOTO

Je recommande particulièrement ce CD à ceux qui veulent s’initier à la musique traditionnelle japonaise mais qui hésitent à se lancer de peur de tomber sur un enregistrement revêche qui exigerait une trop grande implication de la part de l’auditeur. Ici, l’accès est facile et l’éventail des sensations très variés. En un peu moins accessible mais plus impressionnant encore je conseille l’excellent album d’Etsuko Chida Japon : Chants courtois dont j’ai fait la chronique au mois de décembre dernier (consultable ici). 

HACHIDAN The Art of the Japanese Bamboo flute and Koto - Yamato ensemble


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