lundi 1 octobre 2012

Quelques fulgurances de Bashô...


MATSUO BASHÔ, POÈTE (1644-1694)

HAÏKUS

Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.


Le zashiki * d'été
Fait bouger et entrer
La montagne et le jardin.


Quel plaisir !
La Vallée de sud
Embaume la neige.


Le vent d'automne
Plus blanc
Que les pierres de la colline rocheuse.


De tous les côtés
Les vents apportent des pétales de cerisier
Au lac des grèbes.


Même un sanglier
Est sur le point d'être emporté
Dans cette tempête.


Le croissant éclaire
La terre brumeuse.
Fleurs de sarrasin.


Le lespédèze** fleuri ondule
Sans faire tomber
Une seule goutte de rosée.


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Un soleil incandescent
Une chaleur impitoyable
Portant le vent d’automne


Les nuages de temps à autre
Accordent une pause
À ceux qui contemplent la lune


Le moine boit son thé du matin
Dans le silence
Des chrysanthèmes en fleurs


Apres les chrysanthèmes
Hormis le navet long
Il n’y a rien


Un éclair
Le cri d’un héron nocturne
Transperce les ténèbres


Un abri de fortune
D’un chien et de la pluie d’hiver
Le bruit dans la nuit




*zashiki : salon recouvert de tatamis et ouvert sur le jardin.
**lespédèze : plante rare poussant au Japon




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